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Guillaume Soro : « J’ai dit au président Ouattara que je le servirai à n’importe quel poste »

Guillaume Soro est-il prêt à accepter un poste de conseiller auprès d'Alassane Ouattara ? © AFP

Alors que les négociations en coulisses ont commencé pour le remplacement de Guillaume Soro à la primature et le prochain remaniement gouvernemental en Côte d'Ivoire, l'actuel Premier ministre semble ne pas trop mal vivre son futur changement de statut. Il a confié à ses proches être prêt à servir le président Ouattara "à n'importe quel poste".

Ce n’est plus un secret : après plus d’un an d’exercice du pouvoir, Alassane Ouattara songe à changer son gouvernement, y compris le Premier ministre Guillaume Soro, malgré une annexe secrète de l’accord de Ouagadougou qui imposait au vainqueur de la dernière élection présidentielle de le maintenir à son poste. «  Pour le moment, le nombre de ministres de la nouvelle équipe n’est pas encore arrêté. Ce qui est certain, c’est qu’une dizaine de membres de l’actuel gouvernement ne seront pas reconduits, comme le Premier ministre. Le souci du chef de l’État est de mettre en place une équipe qui mettra en œuvre son programme de gouvernement », confie-t-on du côté de la présidence.

Selon les informations de Jeune Afrique, Ouattara tient à tenir sa promesse de campagne à l’égard de son allié politique Henri Konan Bédié, président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) qui l’avait soutenu lors du deuxième tour de l’élection présidentielle du 28 novembre 2011. « Le président avait promis le poste de Premier ministre au PDCI. Et le moment est venu de respecter cet engagement. C’est vrai qu’il a une relation filiale avec Soro, mais Ouattara ne veut pas avoir l’image d’un Laurent Gbagbo qui ne tenait pas sa parole, et roulait tout le monde dans la farine », explique un membre du cabinet présidentiel.

Short list du PDCI pour la primature

En coulisses, les tractations pour la nomination du nouveau Premier ministre ont donc débuté. Ouattara a conseillé à Bédié de lui proposer une « short list » de cadres du PDCI. Pendant ce temps, Guillaume Soro ne fait pas de son départ un drame et poursuit normalement ses activités.

Il revient d’ailleurs d’une visite de 48 heures en Guinée. «  Je suis encore jeune et j’ai l’avenir devant moi. Je ne fais pas du poste de Premier ministre, que j’occupe depuis 2007, une fixation. J’ai dit clairement au président Ouattara que j’étais prêt à le servir à n’importe quel poste », confie t-il à ses proches, qui sont de plus en plus désemparés par cette fin de règne.

Une voie toute tracée pour Soro semble désormais mener au perchoir de l’Assemblée nationale. « Ouattara a confié à certains chefs de mission diplomatiques occidentales à Abidjan son souhait de voir Soro présider le nouveau Parlement », indique à Jeune Afrique un diplomate français en poste à Abidjan. Petit bémol, cependant, le Rassemblement des républicains (RDR, parti présidentiel) aurait réservé depuis plusieurs années le perchoir à l’un de ses influents militants et financiers, l’homme d’affaires Tiémoko Yadé Coulibaly. Même s’il est clair que le chef de l’État n’éprouverait aucune difficulté à convaincre les cadres de son parti d’abandonner cette idée, une telle décision pourrait laisser un goût amer au sein du RDR.

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Par Baudelaire Mieu, à Abidjan

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