Fermer

Nord-Mali : sous le drapeau noir des salafistes d’Ansar dine

Capture de vidéo représentant Iyad Ag Ghali, leader du groupe Ansar dine. © Youtube

L’influence des salafistes d’Ansar dine de Iyad Ag Ghali se fait de plus en plus sentir dans les villes du Nord-Mali tombées ce week-end aux mains des rebelles touaregs. Le drapeau noir du groupe flotte désormais à Tombouctou, d'où le MNLA a même été chassé par les islamistes.

Le rapport de force entre le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) et les salafistes d’Ansar Dine serait-il sur le point de basculer ? Difficile à dire. Depuis le début de l’insurrection des rebelles touaregs dans le nord du Mali, le 17 janvier, la faction islamique a été présentée comme un acteur mineur de la rébellion, un simple allié du MNLA.

Mais à Kidal et Gao, c’est bien le groupe dirigé par d’Iyad Ag Ghali qui est entré en premier dans les deux villes tombées vendredi 30 et samedi 31 mars. Des habitants ont rapporté que les rebelles s’étaient rendus de magasin en magasin, demandant aux commerçants d’enlever les photos considérées comme non-islamistes, affirme Associated Press. Un coiffeur a également affirmé avoir été fermement prié de retirer les photos de différentes coiffures qu’il avait affichées, parce qu’elles montraient des femmes non voilées.

Pillages à Gao

Et à Gao, la plus grande ville du nord du pays tombée samedi, la situation est très confuse. « C’est le chaos. Nous ne savons même pas qui contrôle la ville et qui fait quoi », a affirmé lundi 2 avril un étudiant, Ahmed Ould Fneiny cité par l’agence américaine. « Nous avons vu Ansar dine avec son drapeau. Nous voyons le MNLA. Nous voyons d’autres groupes touaregs et arabes qui ont déserté l’armée malienne. Il y a des gens en uniforme militaire qui ont volé toutes les voitures, même les voitures privées de civils. Nous ne pouvons pas quitter la ville. Un litre d’essence coûte désormais 1 000 francs CFA (1,5 euros), alors qu’il valait 650 francs CFA (un euro) hier ».

À Tombouctou, prise dimanche et où les hommes du MNLA ont mené l’attaque, l’influence d’Ansar dine semble désormais prédominante. Lundi matin, un membre de l’armée malienne, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat, a raconté avoir vu entrer des membre du groupe à bord d’un convoi de dix véhicules, puis aller planter le drapeau noir salafiste dans le camp militaire de la ville. « Iyad est venu ce matin avec cinquante véhicules. Ils ont pris la ville, chassé les gens du MNLA qui étaient là, ont brûlé le drapeau du MNLA et ils ont mis leur drapeau au camp militaire de la ville », a affirmé à l’AFP Moussa Haïdara, un caméraman qui a filmé l’entrée dans la ville du rebelle qui veut imposer la charia au Mali. Une  information confirmée par des habitants de la ville, dont le responsable d’un des principaux hôtels de Tombouctou.

(Avec Agences)
 

Déjà 150 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici