Fermer

Présidentielle en Guinée-Bissau : les recours de l’opposition rejetés, crainte de violences

Kumba Yala, ex-président de la Guinée-Bissau. © AFP

Les résultats du premier tour de la présidentielle bissau-guinéenne ont été validés dimanche 8 avril par la Cour suprême. Qui rejette ainsi les recours déposés par cinq candidats de l'opposition, dont l'ex-président Kumba Yala.  

Présentant un rapport de 22 pages, la Cour suprême a annoncé le 8 avril qu’elle validait les résultats du premier tour de la présidentielle bissau-guinéenne, indiquant que les recours déposés par des membres de l’opposition étaient « sans effets ».

« La Cour suprême ne trouve pas d’irrégularités qui puissent entraîner l’annulation des élections présidentielles du 18 mars », prétend le rapport. Le 23 mars la Commission nationale des élections (CNE) avait annoncé des résultats plaçant en tête le Premier ministre sortant, Carlos Gomes Junior (48,97% des voix), suivi par Kumba Yala (23,26%), qui, depuis, refuse de participer au scrutin et dénonce des « fraudes massives ».

« Nous maintenons : nous ne reconnaissons pas des résultats fabriqués. La décision de la Cour suprême révèle une fois de plus son option pour la voie de l’injustice. Cette Cour manque d’équilibre et de dignité morale et professionnelle, cela est lamentable », ont déclaré les cinq prétendants dans un communiqué le 8 avril, promettant d’oeuvrer pour « le bien de la justice et de la vérité électorale ». Et selon Victor Pereira, porte-parole de Kumba Yala, l’ex-président « reste sur sa position initiale : il n’ira pas au second tour ».

Inquiétudes de la Cedeao

Dans un communiqué, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) a quant à elle exprimé sa « profonde préoccupation » devant la situation en Guinée-Bissau. « La conclusion du processus pour élire un président est essentielle » pour la stabilisation du pays, a-t-elle souligné. Le boycott du scrutin par Kumba Yala fait craindre des violences dans un pays dont l’histoire est marquée par les putschs, les coups d’États et les violences politiques depuis 1974, année de l’indépendance.

La Cedeao a également rappelé « la détermination de la communauté à s’opposer à n’importe quelle obstruction de l’armée au processus électoral en cours ». Elle a plaidé pour le règlement des litiges électoraux « par des moyens juridiques de recours prévus ».

Le 10 avril, la CNE doit annoncer la date du second tour qui était prévu initialement le 22 avril. En attendant, la campagne électorale, qui devait débuter le 6 avril, a été reportée sine die en raison des recours.

(avec AFP)

Déjà 150 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici