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La Sénégalaise Mbathio Beye devient la première Miss Black France

La Sénégalaise Mbathio Beye a été sacrée Miss Black France 2012. © Suliane Favennec

Mbathio Beye, une Sénégalaise de 21 ans, a été élue Miss Black France 2012, samedi 28 avril, à Paris. Une première édition réussie... et polémique.

Samedi 28 avril au soir, la salle Wagram, dans le 17e arrondissement de Paris, accueillait la première édition de Miss Black France. Un événement inédit dans l’Hexagone, lancé par le journaliste et animateur de télévision Fred Royer.

Dix-sept candidates, âgées de 17 à 28 ans et venant de toutes les régions françaisess se sont donc présentées sur scène lors d’une cérémonie copiant le rituel traditionnel des concours de beauté, dans une ambiance africaine : présentation par une animatrice (Ayden de Direct Star et Trace TV), interludes artistiques (la chanteuse d’origine martiniquaise Princess Lover, le tout jeune humoriste Stéphane Bak ou encore le groupe de gospel Tale of Voices), défilés en maillot (dans des créations de la styliste Adama Paris) et en robes de soirée (du styliste camerounais Martial Tapolo). Les jeunes femmes ont également dansé sur scène, sous la direction de la chorégraphe Maïmouna Coulibaly.

C’est finalement l’Afrique de l’Ouest qui a emporté les palmes. La Miss Black France 2012 est sénégalaise (Mbathio Beye, 21 ans, étudiante en marketing à Paris Dauphine), ses deux dauphines guinéenne (Aissata Soumah, 23 ans, étudiante en école de commerce à Troyes) et française d’origine ivoirienne (Romy Niaba, 22 ans, étudiante en sciences politiques à Rennes).

« C’est compliqué de choisir », affirmait en milieu de soirée Raphäl Yem, membre du jury et journaliste sur MTV et Canal Street mais aussi animateur des Y’a Bon Awards, une cérémonie qui « récompense » les propos racistes de politiques et leaders d’opinion. « J’ai été très étonné par la qualité des discours. Pour moi, il s’agit plus d’un concours d’humanité que de beauté. » A ses côtés, sept autres personnalités avaient répondu présentes au rendez-vous afin de choisir la Miss Black France 2012. Parmi eux, le président du jury, Vincent McDoom, ex de la « Ferme célébrités » sur TF1, Sandra Bisson, Miss Guadeloupe 2001, Kareen Guiock, journaliste sur M6, ou encore Fred Musa, animateur sur Skyrock.

Médiatisation et polémiques

Quelques heures plus tôt, en backstage, l’ambiance était plutôt détendue. Coiffage, manucure… « On est un peu stressées, bien sûr, mais surtout très fières et enthousiastes de participer au concours », lance Jessica, 19 ans, étudiante en classes préparatoires aux écoles de commerce à Paris. « On aura sûrement de bonnes retombées. Après être passée quelques secondes à la télévision, j’ai reçu 40 demandes d’amis sur Facebook ! », dit-elle en riant. Derrière elle, les tenues qu’enfileront les candidates sont accrochées sur des paravents qui forment des loges de fortune. Fred Royer aide l’une d’elles à répéter son texte de présentation qu’elle prononcera tout à l’heure devant la salle. « On ne s’attendait pas à ce que ce soit aussi médiatisé », confie Alice, 23 ans.
 
L’élection d’une Miss Black a en effet suscité une petite polémique.Dans une interview au Monde, Patrick Lozès, fondateur et ancien président du Conseil représentatif des associations noires (Cran), avait dénoncé « un repli communautaire », et affirmé que la date, entre les deux tours de l’élection présidentielle, était mal choisie. « On milite pour le vivre ensemble. Il ne faut pas ethniciser la question du corps noir. La volonté d’institutionnaliser le concours est contreproductive”, a, pour sa part, affirmé Dominique Sopo, président de SOS Racisme.

Une attaque à laquelle a réagi le Cran qui soutient l’évènement. « Certains ont reproché un mauvais timing, mais moi je n’ai entendu aucun candidat à la présidence qui parle des Noirs », a affirmé hier soir Louis-Georges Tin, président du Cran, assis au premier rang derrière le jury. « Je suis persuadé que l’élection va continuer et que dans cinq ans, on plaisantera en se rappelant de tout ça. Dans d’autres pays comme les Etats-Unis, l’Allemagne ou l’Espagne, ça se fait et ça marche très bien. »

Pour la deuxième dauphine, Romy Niaba, « il a fallu que Fred Royer amène ce nouveau concept, pour la prochaine édition, ce sera plus simple. La prise de conscience multiculturelle se fait maintenant en France ». 

« Ce qui est bien, conclut Fred Royer, c’est que tout ce débat a permis de lancer un vrai débat .» Avec le concours, qui a reçu le soutien de Geneviève de Fontenay, ex présidente du Comité Miss Franceil souhaitait valoriser la beauté noire et replacer les femmes noires sur le devant de la scène, en particulier dans le monde de la mode et du mannequinat. Opération réussie. en tous cas pour les stylistes qui ont profité d’une belle exposition sur la scène parisienne.

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