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Environnement : à Brazzaville, les journalistes africains se préparent au sommet de Rio

L'Afrique représente 40 % de la biodiversité, 20 % des réserves forestières mondiales. © D.R.

Au moment où les dirigeants du monde s’apprêtent à se rendre à Rio de Janeiro, où se tiendra, du 20 au 22 juin, un sommet mondial sur l’environnement, Brazzaville a abrité une rencontre consacrée à la même thématique.

Organisée par le Réseau africain des journalistes environnementaux (Anej), la conférence internationale qui s’est clôturée le 6 juin à Brazzaville avait pour thème « Quel partenariat stratégique pour l’Afrique, 20 ans après Rio ? » Le choix de Brazzaville se justifie par le fait que le président congolais Denis Sassou Nguesso a été choisi par ses pairs de l’Union africaine (UA) comme porte-parole de leur position commune au prochain sommet de Rio de Janeiro, au Brésil (20-22 juin).

Soutenue par l’Union européenne (UE), par le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) et par le Congo, cette rencontre a permis aux journalistes venus des quatre coins du continent d’échanger leurs expériences respectives dans le traitement de l’information liée à l’environnement. Et également de faire le point sur l’état de l’écosystème dans leurs pays. Il en ressort que, presque partout, la situation est préoccupante, et qu’il faut agir pour y remédier. Or, les moyens manquent cruellement.

Destin commun

Prenant la parole lors de l’ouverture de la conférence, le chef de l’Etat congolais a estimé que « le rendez-vous de Rio+20 est l’heure de vérité pour la sauvegarde de l’humanité ». Il n’a pas manqué de tirer la sonnette d’alarme en déclarant : « Il s’agit de construire l’Afrique en surmontant nos égoïsmes nationaux pour aspirer à la vie universelle. C’est notre destin commun qui est en jeu ».

L’Afrique, qui représente 40 % de la biodiversité, 20 % des réserves forestières et plus de la moitié du potentiel énergétique du monde devrait promouvoir l’économie verte en vue de réduire la pauvreté et les injustices. Pour le Mauritanien Sidi El Moctar Cheiguer, président de l’Anej, « le sommet de Rio s’ouvrira dans un contexte difficile pour l’Afrique qui bat des records négatifs dans les domaines de la santé, de l’éducation, du chômage et de la pauvreté ».

Faibles moyens

Deux jours durant, les participants aux assises de Brazzaville ont insisté sur la faiblesse des moyens dont dispose le continent dans la lutte contre le réchauffement climatique et toutes les conséquences néfastes qu’il engendre. D’où la nécessité, dans ce contexte difficile, de nouer des partenariats stratégiques qui permettent d’envisager l’avenir avec plus d’assurance. Le partenariat avec l’Union européenne, mais aussi avec des pays émergents du Sud, ont été cités en exemple. D’autant que, si l’on en croit un officiel congolais, « les négociations en cours ne donnent pas de bons signaux pour aller à Rio. Nous sommes en pleine hypocrisie du système international ».

La conférence de Brazzaville a été précédée, du 3 au 4 juin, par une session de formation. Elle avait pour objectif d’initier les journalistes au jargon utilisé en matière d’Accords multilatéraux de l’environnement (AME), au vocabulaire écologique et aux techniques de traitement de l’information. Au cours d’une assemblée générale, les membres de l’Anej ont procédé à l’élection de leur bureau. Sidi El Moctar Cheiguer a été reconduit à la tête de cette organisation de droit mauritanien qui n’a pas un budget de fonctionnement régulier.

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Par Tshitenge Lubabu M.K., envoyé spécial à Brazzaville     
 

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