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Législatives françaises : Yacine Djaziri, des travaux publics aux travées politiques

Yacine Djaziri, candidat PS aux législatives françaises. © DR

Chef d'entreprise à Nanterre, Yacine Djaziri se présente aux élections législatives pour la 4e circonscription sous les couleurs du Parti socialiste. Novice en politique, il est l'un des candidats issus de la diversité désigné d'office par sa famille politique.

« Quelle est la différence entre Yacine Djaziri et Jacqueline Fraysse ? Aucune. Ils ont tous les deux 42 ans : d’âge pour lui, de mandat pour elle ». Cette devinette qui circule à Nanterre depuis le début de la campagne législative illustre bien l’enjeu du scrutin des 10 et 17 juin prochains. Le prétendant du Parti socialiste pour la 4e circonscription des Hauts-de-Seine veut en effet incarner le changement face à la députée sortante qui porte les couleurs du Front de Gauche. Un espoir pour le candidat rose : au premier tour de la présidentielle, François Hollande (40,16%) était loin devant Jean-Luc Mélenchon (18,56%).

>> Lire aussi le dossier Législatives françaises : 2012, l’année de la diversité ?

Français d’origine algérienne, Yacine Djaziri est arrivé dans l’Hexagone peu après sa naissance en 1969. Il est l’un des 25 candidats issus de la « diversité » que le Parti socialiste a désigné pour les élections. Non sans remous. À Nanterre-Suresnes, Habiba Bigdade, présidente de la Ligue des droits de l’homme du département, a été écartée alors qu’elle était la favorite des militants locaux. « Le secrétariat national a estimé que ma candidature était la plus viable vu mes engagements associatifs et citoyens. Je ne cherche pas à me prévaloir de l’étiquette diversité », souligne Yacine Djaziri.

Marié et père de deux enfants, cet entrepreneur est novice en politique. Après des cours du soir au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam) en droit immobilier et des affaires, il se lance dans le Bâtiment et les Travaux Publics. Depuis 1998, il dirige à Nanterre l’entreprise Azro-Baticino qu’il a créée et qui compte une douzaine de salariés. L’un des chantiers dont il est le plus fier est la rénovation complète du hammam de la Grande Mosquée de Paris.

Reconstruire


J’ai aidé à construire des bâtiments, reconstruire des hommes, maintenant la République est mon nouveau challenge.

Yacine Djaziri

La particularité de ce chef d’entreprise ? Favoriser l’insertion locale. Ses employés sont, pour la plupart, des SDF, des sans papiers, d’anciens toxicomanes ou détenus. Certains devenus chefs de chantier. « Lorsque j’étais à la coordination jeunesse de la ville [1993-1998, NDLR], je me suis rendu compte qu’il manquait un sas entre ceux qui  galèrent" et le monde du travail », explique le prétendant socialiste.

Ce qu’il a accompli professionnellement, il souhaite aujourd’hui le construire en politique. « Ce milieu reste encore un verrou à faire sauter », affirme Djaziri. Et sa candidature n’a pas manqué d’irriter à droite, mais aussi à gauche. Ainsi, quand il émet le souhait que « l’Assemblée nationale reflète enfin les visages de la France », Jacqueline Fraysse juge la revendication d’« extrêmement préoccupante ».

« Disons que je n’ai pas le profil idéal classique. Je suis chef d’entreprise et de classe sociale très modeste », tempère-t-il. « J’ai aidé à construire des bâtiments, reconstruire des hommes, maintenant la République est mon nouveau challenge ». 

 

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