Politique

CPI : la Gambienne Fatou Bensouda prend ses fonctions de procureur général

Photo datée du 12 décembre 2011 de Fatou Bensouda au siège des Nations Unies, à New York. © AFP

Fatou Bensouda devient ce vendredi procureur général de la Cour pénale internationale (CPI), succédant à Luis Moreno-Ocampo dont elle a été l'adjointe depuis 2004. La Gambienne veut suivre la voie tracée par son prédécesseur mais se dit aussi prête à des "ajustements".

Mis à jour le 15/06 à 10h00.

« Nous avons des styles différents et manifestement des approches différentes ». C’est avec cette déclaration que Fatou Bensouda, 50 ans, a choisi de se démarquer de son prédécesseur, Luis Moreno-Ocampo, procureur de la Cour pénale internationale (CPI).

La Gambienne, élue les États parties au Statut de Rome, le traité fondateur de la Cour, prête serment ce vendredi à 11 heures (09 heures GMT). Deuxième procureur en charge de la CPI, son mandat est de neuf ans, comme celui de Moreno-Ocampo, qui avait prêté serment le 3 novembre 2003. « Il a commencé avec moins de cinq personnes, aujourd’hui j’hérite de 300 personnes », souligne Bensouda.

Le bureau du procureur n’a jamais été poussé par des considérations géographiques. Être africain ou non n’est pas le sujet ici.

Fatou Bensouda, procureur de la CPI

La procureure aurait dû commencer ses nouvelles activités lundi 18 juin face à l’ancien président de Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo, lors d’une audience de confirmation des charges. Mais celle-ci a été reportée au 13 août à la demande de la défense. Au sujet de sa nationalité et en réaction à cette affaire, Fatou Bensouda a souhaité « être claire : le bureau du procureur n’a jamais été poussé par des considérations géographiques. Être africain ou non n’est pas le sujet ici. »

Nouvelles enquêtes en Afrique

La future procureure a ajouté qu’elle ouvrirait « de nouvelles enquêtes en Afrique » si elle devait le faire, mais n’hésiterait pas « à en ouvrir ailleurs si les critères du Statut de Rome sont remplis. » Concernant le cas du président soudanais Omar el-Béchir, accusé de génocide au Darfour, la Gambienne a reconnu éprouver « un sentiment de frustration » face à la situation.

« Le problème avec la CPI, a-t-elle souligné, c’est que nous sommes une institution judiciaire mais nous agissons dans un contexte politique ». « Il y a toujours des critiques (…) et l’un des principaux défis de la Cour consiste à continuer d’agir dans le cadre de la loi. » C’est aussi le fondement de la crédibilité de la CPI.

(Avec AFP)

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