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Sénégal – Macky Sall : « Avec moi, tout va changer »

Par Jeune Afrique

La Une du J.A. n° 2686 © Vincent Fournier pour J.A.

Méthode, relations avec Abdoulaye Wade, ambitions, législatives, audits, crise malienne... Élu le 25 mars dernier, le nouveau chef de l'État se dévoile dans sa première grande interview accordée à Jeune Afrique.

C’est à Kaolack, à moins de deux cents kilomètres de la capitale sénégalaise, mais à près de quatre heures de route, que Macky Sall a répondu aux questions de Marwane Ben Yahmed pour sa première grande interview de chef d’État. Après une série d’audiences et avant un conseil des ministres décentralisé…

Placide, affable et décontracté, l’homme n’a pas changé. Et c’est presque avec bonhomie qu’il règle quelques comptes avec son prédécesseur Abdoulaye Wade. Morceaux choisis : « Humilité, sobriété et rigueur doivent régir notre action politique. Je vous assure qu’il s’agit bien là d’une rupture, profonde, avec les pratiques en vigueur sous mon prédécesseur… »; « Il est vrai que j’aurais préféré qu’il mette son expérience au service de notre pays plutôt que de son parti, ou plutôt de ce qu’il en reste… »

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Déterminé à tourner la page du « sopi » (« changement »), le président sénégalais, en campagne pour les élections législatives du 1er juillet, revient aussi sur sa méthode caractérisée notamment par le lancement d’audits sur la gestion passée. « Les grands chantiers de Wade, comme entre autres l’aéroport Blaise-Diagne, ont englouti d’énormes ressources. Comment les contrats ont-ils été signés ? Sur quelles bases ? Où en est l’exécution ? Comment l’argent public a-t-il été dépensé ? » Quant à la coalition qui l’entoure : « Si chacun a un rôle à jouer, (…) c’est moi qui décide, seul. »

Au volet international, le chef de l’État en appelle à une opération africaine au Mali : « La seule solution pour l’armée malienne est de coopérer avec la force d’intervention qui sera mise en place. » Sur le dossier Habré, là-aussi, la rupture est significative après les atermoiements de son prédécesseur. « Il n’y a aucune raison valable de ne pas le juger en Afrique, et je rappelle d’ailleurs que c’est l’Union africaine qui a donné mandat au Sénégal d’organiser ce procès. Habré sera jugé ici. »

Cette interview méritera certainement d’être relue dans quelques années, à l’aune de l’exercice du pouvoir exercé par un homme qui veut rester « normal ». « Je ferai tout pour rester le même et j’espère de tout cœur que mon environnement, familial, amical ou professionnel, m’y aidera… » Un appel à l’aide ?

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Un entretien à lire dans Jeune Afrique n° 2685, en kiosques du 24 au 30 juin.

 

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