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Égypte : poursuivi par la justice, Ahmed Chafiq part en pèlerinage à La Mecque

© AFP

Accusé de corruption, l'ancien candidat à la présidentielle égyptienne Ahmed Chafiq s'est envolé du Caire quelques heures après l'ouverture d'une enquête à son encontre. Destination : La Mecque, pour y effectuer le petit pèlerinage ou Omra.

Ahmed Chafiq, défait au second tour de l’élection présidentielle égyptienne par l’islamiste Mohamed Morsi, a quitté l’Égypte mardi 26 juin, seulement quelques heures après l’ouverture d’une enquête le visant pour corruption.

Le procureur général d’Égypte a ouvert lundi une enquête suite à des allégations portées contre le dernier Premier ministre de Hosni Moubarak. Il aurait gaspillé des fonds publics pendant les huit années durant lesquelles il était ministre de l’Aviation civile, à l’époque où l’ancien raïs était encore au pouvoir.

Selon un responsable aéroportuaire, Ahmed Chafiq a pris l’avion pour Abou Dhabi à l’aube avec deux de ses trois filles et trois de ses petits-enfants. De son côté, l’agence de presse officielle Mena indique que l’ancien Premier ministre d’Hosni Moubarak a embarqué seul à l’aéroport du Caire à bord d’un vol à destination des Émirats arabes unis.

Son équipe de campagne a déclaré au quotidien Al-Masry al-Youm qu’il était parti pour un court séjour et qu’il reviendrait après avoir effectué un pèlerinage à La Mecque. Selon la même source, il prévoit ensuite de lancer un nouveau parti politique.

« Ahmed Chafiq est parti ce matin à l’aube pour Abou Dhabi d’où il se rendra en terre sainte d’Arabie saoudite pour accomplir la Omra [petit pèlerinage, NDLR] avant de revenir dans sa patrie », explique son équipe de campagne sur la page officielle Facebook de l’ex-candidat.

Commissions occultes

Plusieurs membres du régime de Moubarak ont trouvé refuge aux Émirats arabes unis depuis la chute de l’ancien président l’an dernier. Ce serait notamment le cas du général Omar Souleymane, proche du « raïs » déchu et ancien patron des puissants services secrets de l’armée. D’après une source proche du dossier, il résiderait à Abou Dhabi avec des membres de sa famille depuis le rejet de sa candidature à l’élection présidentielle.

Selon des médias égyptiens, l’ancien candidat devrait être interrogé dans les prochains jours. Pendant la campagne présidentielle, il avait démenti toutes les accusations de corruption lancées contre lui.

Selon une source judiciaire, Ahmed Chafiq aurait notamment été impliqué dans des transactions foncières ayant donné lieu à des commissions occultes lorsqu’il était ministre de l’Aviation civile, entre 2002 et 2011. Aucun commentaire sur ces allégations n’a pu être obtenu dans son entourage.

Durant la campagne, Mohamed Morsi a déclaré qu’il ne se lancerait pas dans une « chasse aux sorcières » contre les membres de l’ancien régime, mais que quiconque aurait enfreint la loi devrait rendre des comptes.

Réputé intègre

Ancien commandant en chef des forces aériennes, artisan de la privatisation réussie de la compagnie nationale EgyptAir, Ahmed Chafiq, 70 ans, a été présenté comme le candidat des militaires durant la campagne présidentielle.

Homme réputé intègre, il était alors l’un des rares membres du gouvernement à être épargné par les scandales de corruption, de détournement de fonds publics ou d’enrichissement personnel.

Durant la campagne, il avait tenté de se forger une image d’homme providentiel auprès d’une population lasse de l’agitation post révolutionnaire. Il s’était également présenté comme un rempart contre les islamistes.

(Avec AFP)

 

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