Mali : mini-sommet samedi pour « aller vers un gouvernement de large consensus »

Stabiliser le mali, une priorité pour la Cedeao. © AFP

La création d’un gouvernement d’union nationale censé être "à même de mieux gérer les défis que connaît le Mali" sera à l’ordre du jour d’un mini-sommet qui doit réunir samedi 7 juillet les chefs d'État ouest-africains avec des représentants de la classe politique et de la société civile malienne, a annoncé le ministre des Affaires étrangères burkinabè, Djibrill Bassolé .

« Les pays du groupe de contact sur le Mali vont se retrouver » samedi 7 juillet à Ouagadougou dans le but de mettre en place un « gouvernement d’union nationale » a annoncé lundi la médiation conduit par le Burkina Faso. Ce mini-sommet doit réunir les chefs d’État ouest-africains avec des représentants de la classe politique et de la société civile du Mali. Les dirigeants du Bénin, du Niger, du Nigeria, du Togo, du Liberia, du Burkina Faso ainsi que le chef de l’État ivoirien Alassane Ouattara, président en exercice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), seront notamment présents.

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La médiation burkinabaise a beau privilégier la stabilisation de Bamako et vouloir entamer des pourparlers avec les groupes du nord Mali, elle a vivement réagi à la démolition ce week-end de sept des seize mausolées de saints musulmans, et de la porte d’entrée d’une des trois plus grandes mosquées de la ville, lundi 2 juillet.

« La destruction de ces monuments historiques, de ces mausolées déchire le coeur des Maliens et de tous ceux qui ont connu ces lieux saints », a déclaré le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Djibrill Bassolé. « Les affrontements récents à Gao (nord-est) et la destruction des mausolées sont pour nous de graves incidents qui de toute façon ne vont pas dans le sens de l’apaisement », a-t-il ajouté devant la presse.

« Il va bien falloir que nous redoublions d’ardeur pour convaincre les parties de cesser toute forme d’hostilité et de s’engager dans la recherche des meilleures conditions de confiance et d’apaisement pour le dialogue constructif », a poursuivi le ministre burkinabè. « Une délégation du groupe islamiste Ansar Eddine présente depuis plus de deux semaines à Ouagadougou pour des discussions avec la médiation est partie aujourd’hui (lundi), nous avons eu l’occasion de leur dire ce que nous pensons tous, nous regrettons tous que ce genre d’événements puisse se produire », a-t-il souligné. « Ce ne sont pas les événements comme ceux-ci qui pourront renforcer la cohésion et la réconciliation. Il faut très vite qu’on puisse les dépasser et que les différentes communautés apprennent à se respecter et à respecter les valeurs des uns et des autres », a-t-il conclu. (Avec AFP)

« Les chefs d’État auront l’occasion d’échanger avec des représentants de la classe politique malienne, de la société civile : il nous faut envisager d’aller vers un gouvernement de large consensus, un gouvernement d’union nationale qui sera à même de mieux gérer les défis que connaît le Mali », a indiqué le ministre des Affaires étrangères burkinabè, Djibrill Bassolé, après un entretien entre son président Blaise Compaoré et le représentant spécial de la France pour le Sahel, Jean Felix-Paganon. « La gestion de la crise du Nord » malien, et la création de « conditions » pour « la tenue d’élections présidentielles pour sortir de la transition », seront ainsi au centre des discussions. « C’est une réunion d’évaluation, nous voulons que les Maliens organisent une espèce d’union sacrée autour des grands objectifs à atteindre », a précisé le ministre burkinabè.

"Transition la plus inclusive possible"

Selon le représentant français reçu lundi à Abidjan par le président Ouattara avant de se rendre à Ouagadougou, la priorité de Blaise Compaoré est de stabiliser la situation à Bamako, sans exclure d’entamer en parallèle des pourparlers avec « l’ensemble des groupes du Nord » et le Premier ministre malien. « Nous, Français, c’est un objectif que nous partageons pleinement. Nous faisons pleinement confiance à la médiation pour permettre cet élargissement de l’assise de la transition », a-t-il relevé.  Blaise Compaoré estime primordial de doter le Mali d’un gouvernent « plus inclusif, qui rassemble le plus large spectre possible des forces politiques maliennes et donc qui permette une transition la plus inclusive possible », a poursuivi Jean Felix-Paganon.

Un ordre du jour qui sonne comme un désaveu pour le gouvernement de transition mis en place après le coup d’État du 22 mars à Bamako, dont la faiblesse et la complaisance envers l’ancienne junte est critiquée par la classe politique et la société civile au Mali, comme par certains chefs d’État de la Cedeao. Réunis en sommet le 29 juin à Yamoussoukro, ces derniers avaient déjà appelé l’équipe du Premier ministre Cheick Modibo Diarra à être plus « inclusif ».

(Avec AFP)
 

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