Face-à-face Rovolomanana-Rajoelina : premier pas vers une sortie de crise ?

Par Jeune Afrique

L'actuel président malgache de la Transition Andry Rajoelina le 7 juin 2011 à Gaborone. © AFP

La première rencontre directe entre Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina, le 25 juillet aux Seychelles, suscite de grands espoirs de sortie de crise à Madagascar. Mais les points qui posent problème restent nombreux.

L’île de Desroches, îlot isolé des Seychelles est, ce 25 juillet, le théâtre de la première rencontre en face-à-face direct entre Marc Ravolomanana et Andry Rajoelina depuis le déclenchement de la crise malgache en 2009. Cette rencontre se fait en présence du président sud-africain Jacob Zuma, à la tête de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), et le président seychellois James Michel, président en exercice de la Commission de l’océan Indien (COI).

Une « feuille de route », élaborée par la SADC, permettant théoriquement le retour du président évincé Marc Ravalomanana a été signée en 2011. Mais jusque-là aucun accord n’a été passé entre l’ancien président malgache Ravolomanana et celui qui l’avait destitué en 2009, pour permettre de trouver une issue à la crise politique, économique et sociale dans laquelle Madagascar se trouve plongé depuis maintenant trois ans.

Les médiateurs de la SADC espèrent que cette rencontre, à huis clos, à l’abri des médias et d’autres mouvances politiques malgaches, permettront aux deux hommes de parvenir à un « accord final » d’ici au 31 juillet. « La rencontre aux Seychelles aura un impact important s’ils arrivent à se mettre d’accord. (…) Rajoelina a toujours refusé de rencontrer Ravalomanana, mais maintenant je crois qu’il veut trouver un moyen de mettre fin à la crise », a declaré Juvence Ramasy, politologue à l’université de Tamatave (nord-est).

Calendrier électoral

Plusieurs points sont à discuter dans ce dialogue, tels que le retour à Madagascar de Marc Ravolomanana exilé en Afrique du Sud, ses démêlés avec la justice, et enfin la question de sa candidature à l’élection présidentielle de 2013. Les deux hommes doivent réussir à lever les blocages pour permettre l’organisation d’élections censées mettre un terme à la transition. Le calendrier du scrutin doit être publié le 1er août prochain.  

Ravolomanana n’a jamais caché son intention de rentrer à Madagascar afin de briguer un nouveau mandat présidentiel mais sa condamnation à perpétuité aux travaux forcés par contumace pour la tuerie perpétrée par la garde présidentielle devant son palais en février 2009 fait obstacle à son projet. L’ancien président conteste sa condamnation, arguant que celle-ci n’a pas été prononcée par un tribunal compétent. Les autorités malgaches ont toutefois averti qu’il serait arrêté a son arrivée à Madagascar.

Dimanche 22 juillet, à la veille de son départ pour les Seychelles, M. Rajoelina a été confronté à une mutinerie faisant trois morts et quatre blessés, sur une base militaire d’Antananarivo, prouvant la situation de tension dans laquelle se trouve aujourd’hui le pays.

(Avec AFP)
 

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