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Arabie saoudite : la ville où les femmes sont leur propre patron(ne)

Les femmes ont désormais le droit de vote en Arabie saoudite... pour 2015. © AFP

Non, ce n’est pas de la science-fiction. L'Arabie saoudite a donné son accord à la construction d'une ville industrielle réservée exclusivement aux femmes de manière à ce qu'elles puissent gérer leurs entreprises sans la contraite des lois de ségrégation des sexes en vigueur dans le royaume. Objectif : l'émancipation par l'exclusion. Contradictoire ?

L’information a de quoi surprendre. Et pourtant… C’est le quotidien britannique The Guardian qui a le premier rapporté l’information : une ville exclusivement réservée aux femmes devrait bientôt voir le jour en Arabie saoudite. Les autorités saoudiennes en ont validé le projet à Hofuf, dans l’est du pays.

Le but de cette cité industrielle, qui doit ouvrir dès 2013, est de permettre aux femmes de travailler et d’obtenir une plus grande indépendance financière tout en respectant la ségrégation des sexes imposée par la très stricte monarchie du Golfe. D’après le quotidien britannique, quatre autres cités similaires sont en cours d’élaboration à travers le pays.

La ville sera constituée d’usines textiles, pharmaceutiques et agro-alimentaires. Toutes gérées par des femmes, des bureaux aux chaînes de production en passant par les ateliers de confection. Quelque 5 000 postes devraient ainsi être créés. L’une des femmes d’affaires à l’origine du projet le justifie par la volonté « de réduire le chômage parmi les jeunes femmes diplômées ».

Discrimination wahhabite

Il faut dire que les femmes ne représentent que 15 % de la population active en Arabie saoudite. Elles peuvent travailler comme caissière dans les supermarchés ou au guichet (non mixte) des banques. Depuis peu, elle peuvent aussi travailler dans les magasins de lingerie et les boutiques de cosmétiques.

Avec des lois très strictes, basées sur la charia et le wahhabisme, l’Arabie saoudite est l’une des sociétés les plus misogynes du monde. Les femmes saoudiennes n’ont par exemple pas le droit de voter ou de conduire.

Une timide libéralisation est pourtant en cours. En janvier dernier, les femmes ont obtenu le droit de travailler dans le boutiques de lingerie, les employés masculins étant désormais interdits. Mieux, en septembre de l’année dernière, le roi Abdullah a promis que les femmes pourraient voter lors des élections locales de 2015. « Parce que nous refusons la marginalisation du rôle de la femme dans la société saoudienne dans tous les domaines, conformément à la charia, et après des consultations avec de nombreux savants (religieux) », elles pourront enfin  voter et même prétendre à la députation.

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