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Afrique du Sud : les grévistes de Marikana échappent provisoirement à la menace de licenciement

Les mineurs de Marikana ont bravé l'ultimatum lancé par Lonmin. © AFP

Faut-il y voir une inflexion de la part de l'exploitant de la mine de Marikana, Lonmin, ou une tactique pour épuiser le mouvement social ? Lundi 20 août, la société britannique a cherché l’apaisement en repoussant d’une journée l’ultimatum lancé aux grévistes pour reprendre le travail et écartant provisoirement ses menaces de licenciements envers les récalcitrants.

Le bras-de-fer a semble-t-il tourné, provisoirement, en faveur des grévistes sud-africains. Lundi 20 juin, la société Lonmin a en effet accepté de négocier, après l’échec de l’ultimatum lancé aux salariés pour la reprise du travail, avec menaces de licenciement à la clé. Prétextant la reprise de l’activité de la mine, alors qu’un ouvrier sur quatre seulement avait suivi la directive, le groupe coté à Londres a discuté pour la première fois avec les syndicats depuis la fusillade qui a fait 34 morts, jeudi 16 août.

« Après des consultations avec plusieurs représentants syndicaux, l’entreprise peut annoncer que les mineurs en grève illégale qui n’ont pas repris le travail ce matin ne seront pas licenciés, et qu’il leur a été accordé un jour de plus, à la lumière des circonstances actuelles », indique un communiqué de l’entreprise.

Aucune avancée salariale

Si une porte semble s’être entrouverte, la situation reste toutefois tendue. Lonmin rappelle ainsi que son ultimatum n’est pas levé mais simplement repoussé à mardi 21 août. Et, si l’expression « menace de licenciement » a pour le moment disparu des textes, elle pourrait tout à fait refaire son apparition si les grévistes bravaient une nouvelle fois la direction.

De plus, aucune avancée n’a été mentionnée concernant le point crucial du conflit : la hausse de salaire réclamée par les employés de la mine.

"Ils peuvent nous virer s’ils veulent"

« Ils peuvent nous virer s’ils veulent, nous ne retournons pas au travail. Jacob Zuma doit fermer cette mine », s’est à nouveau exclamé un des mineurs présents, s’adressant à ses collègues, qui s’étaient regroupés lundi 20 août au nombre d’environ un millier, dans une ambiance relativement apaisée où les participants ne portaient plus d’armes blanches.

Nous sommes traités comme des esclaves.

Un gréviste de marikana

« Lonmin s’intéresse plus aux investisseurs qu’à nous », a également lancé l’un des orateurs. « Nous sommes traités comme des esclaves. Même Zuma est arrivé ici après le massacre, le massacre par sa police ». « Unissons-nous, personne ne va travailler », a encore dit un autre manifestant, « si nous parlons d’une seule voix, nous serons plus forts ».

Triplement des salaires

Une semaine de deuil national a été décrétée à compter de lundi, après le massacre du jeudi 16 août – le pire depuis la fin de l’apartheid -, qui avait contraint le président Jacob Zuma à quitter le sommet de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) à Maputo. L’Assemblée nationale au Cap a également prévu un débat extraordinaire sur la question, mardi 21 août.

D’ici là, la direction de Lonmin ainsi que les organisations syndicales, l’Union nationale des mineurs (NUM) et sa branche dissidente, l’Association des mineurs et des travailleurs de la construction (AMCU), dont les états-majors se réunissaient lundi 20 août, devraient s’être une nouvelle fois exprimés. L’ACMU réclame un triplement du salaire des mineurs, qui passerait ainsi de 400 euros par mois à 1 250 euros.

(Avec AFP)
 

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