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RDC : premiers effets positifs de la lutte contre la prévarication chez les fonctionnaires

Le gouvernement est parti à la chasse aux salaires fictifs dans l'enseignement. © AFP

En mettant progressivement en place le paiement des fonctionnaires par voie bancaire, le gouvernement espère mettre fin à une vieille pratique. Celle de la prévarication, c'est à dire la retenue d'une part des salaires par la hiérarchie.

Est-ce la fin du règne de la prévarication dans la fonction publique congolaise ? Si le problème, chassé par la porte, ne revient pas par la fenêtre, le gouvernement de RDC pourra s’enorgueillir d’avoir franchi un cap important dans la lutte contre la corruption. Comment ? En supprimant simplement la rémunération des centaines de milliers de fonctionnaires par la voie hiérarchique et le ministère des Finances, qui ne manquaient pas de prélever – en dehors de tout contrôle – divers « frais de transport, de manipulation et de manutention des espèces »…

Désormais, c’est par voie bancaire que tout doit se passer. Très attendue, la décision a été annoncée par le Premier ministre Augustin Matata Ponyo dès sa prise de fonction en mai dernier, et elle est appliquée depuis le mois de juillet pour les enseignants. Selon le gouvernement, elle aurait déjà permis d’économiser plus d’un million de dollars… Et ce n’est qu’un début.

Le Premier ministre de RDC, Augustin Matata Ponyo, le 19 avril 2012 à Kinshasa.

© AFP

Faible taux de bancarisation

Mais son application est en retard pour les autres fonctionnaires et agents de l’État. En cause : la faiblesse du réseau bancaire national. La distribution de la paie des enseignants de la capitale a par exemple duré une quinzaine de jours. Selon le ministre délégué aux Finances, M. Paul Kitebi, de nombreux distributeurs automatiques de billets devraient être rapidement installés dans le pays pour faciliter les retraits d’espèce.

Autre problème : la plupart des bénéficiaires n’ont pas de compte courant. Conséquence de ce manque d’organisation : la mesure ne devrait pas être généralisée avant la fin de l’année, les prochains bénéficiaires étant les soldats (environ 105 000 hommes) et les policiers, en octobre.

Salaires fictifs

En attendant, selon une responsable d’ONG travaillant avec l’armée, un soldat théoriquement payé 60 dollars chaque mois continuera à n’en percevoir que 5, chaque membre de sa hiérarchie prélevant sa dîme au passage. Mais le gouvernement entend désormais faire montre de fermeté.

Le vice-Premier ministre Daniel Mukaka Samba a annoncé à la radio Top Congo qu’un audit avait été décidé sur les services de paie qui assuraient auparavant le versement des salaires des 40 000 enseignants de Kinshasa, car il supposait que de nombreux salaires fictifs et des détournements aient été mis en place au bénéfice d’intermédiaires. « Si c’est le cas, la justice sera saisie », a-t-il affirmé.

(Avec AFP)
 

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