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Est de la RDC : un chef Maï-Maï assure être courtisé par l’armée congolaise et la Monusco

Le chef Maï-Maï Janvier Karairi revendique 4 500 hommes. © Michele Sibiloni/AFP

La guerre dans l’est de la RDC profite aux groupes armés du Nord-Kivu, que les FARDC comme leurs ennemis du M23 courtisent. Pour le chef Maï-Maï Janvier Karairi, résolument anti-tutsi, ce sont les autorités de Kinshasa et l'ONU qui sont venues lui demander de l'aide.

Mise en difficulté par les rebelles du M23, affaiblie par la multiplication des défections en son sein, l’armée congolaise se cherche des alliés dans le Nord-Kivu. Peu importe si ces derniers s’affirment résolument « anti-tutsi », comme le chef Maï-Maï Janvier Karairi, que des journalistes de l’AFP ont rencontré. Celui-ci assure être courtisé par les autorités de Kinshasa et l’ONU.

À 55 ans, ce chef d’une milice locale basée dans les collines du Nord-Kivu, région volcanique de l’est de la République démocratique du Congo (RDC), revendique 4 500 hommes. Un chiffre invérifiable. L’état-major de son mouvement, l’Alliance du peuple pour un Congo libre et souverain (APCLS), est basé près du village de Lukweti, de l’autre côté d’une rivière qui se traverse sur un pont de cordes. Sa zone d’action jouxte celle conquise par le M23 au nord de Goma, la capitale provinciale, et s’étend à l’Ouest jusqu’au territoire voisin de Masisi.

Le camp d’entrainement de l’APCLS est situé à Nyabiondo, à une vingtaine de kilomètres de Lukweti. Non loin, un camp des FARDC est installé. Plus loin, un camp des forces de l’ONU – la Monusco – abrite un détachement d’Indiens ravitaillés par hélicoptère.

Un combattant Maï-Maï pose avec son arme dans le village de Lukweti, au Nord-Kivu, en RDC, le 22 août 2012

© Michele Sibiloni/AFP

Mardi 21 août, raconte Janvier Karairi, deux hélicoptères des Nations unies se sont posés sur le terrain de football du village voisin, transportant le vice-gouverneur, le député Mwami Bahati, également chef coutumier, une représentante des Nations unies et le commandant en second de la région militaire. « Ils sont venus me demander de m’allier à l’armée pour lutter contre le M23 », affirme-t-il.

"Ne pas se mélanger aux FARDC"

Cet ancien commerçant à Kichanga, au nord-ouest de Goma, se dit prêt à faire barrage aux rebelles du M23 en échange de matériel et d’équipements, mais à une condition : « ne pas se mélanger aux soldats des FARDC », car, dit-il, « ils ont des gens du M23 dans leurs rangs ».

« Nous voulons avoir notre propre axe », explique Janvier Karairi. Qui raconte qu’en 2004, il a accepté d’intégrer les rangs de l’armée, et « brassé » (s’être mélangé) au sein de brigades composées de soldats issus de régions, d’ethnies et d’ex-milices différentes. Mais il est reparti avec ses hommes quand un colonel tutsi a été placé au-dessus de lui, dit-il.

De cette expérience, il garde un fort ressentiment « anti-tutsi », bien qu’il affirme n’avoir aucun contact avec les FDLR, mais aussi une méfiance du pouvoir de Kinshasa. « L’ennemi des APLCS, dit-il, c’est celui qui accepte l’invasion du Congo par le Rwanda, l’Ouganda ou le Burundi ». Les pays alliés contre Mobutu puis Laurent-Désiré Kabila au cours des deux dernières guerres régionales (1996-1997 et 1998).

(Avec AFP)
 

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