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Libye : Tripoli saisit plus de 100 chars détenus jusque-là par des miliciens pro-Kadhafi

Le vice-ministre de l'Intérieur Omar al-Khadhraoui, le 23 août 2012 à Tripoli. © AFP

Les autorités libyennes ont saisi, jeudi 23 août, une centaine de chars que détenaient des miliciens pro-Kadhafi dans l'ouest du pays. Ceux-ci se faisaient passer pour des révolutionnaires.

En Libye, les partisans de l’ancien dictateur Mouammar Kadhafi sont encore bien présents. Et parfois mieux armés qu’on ne le croit. Aussi incroyable que cela puisse paraître, le ministère libyen de l’Intérieur a annoncé, jeudi 23 août, avoir saisi plus de cent chars à un groupe de partisans de l’ancien « Guide ». Ces miliciens pro-Kadhafi se faisait passer pour des révolutionnaires de la région de Tarhouna, dans l’ouest du pays.

« Plus d’une centaine de chars et 26 lance-missiles ont été saisis » dans une caserne à Souk al-Ahad, près de Tarhouna (à une soixante de kilomètres au Sud-Est de Tripoli), où cette milice était basée, a déclaré Abdelmonem al-Hor, le porte-parole de la Haute commission de sécurité qui dépend du ministère de l’Intérieur.

Il a indiqué que l’enquête sur le double attentat à la voiture piégée qui avait fait deux morts et quatre blessés dimanche à Tripoli avait permis de remonter jusqu’à ce groupe. Les autorités avaient alors pointé du doigt des partisans de l’ancien régime.

La "brigade du martyr Mouammar Kadhafi"

D’après le porte-parole, cette milice, connue sous le nom de « Katiba al-Awfiya » (Brigade des fidèles), se faisait appeler en interne « Brigade du martyr Mouammar Kadhafi », l’ancien dirigeant libyen tué en octobre dernier. Il s’agit de la milice qui avait pris d’assaut l’aéroport de Tripoli début juin, bloquant le trafic aérien durant plusieurs heures. Elle voulait alors dénoncer le mystérieux enlèvement d’un de leurs chefs, avant que les autorités ne parviennent à les déloger et à reprendre le contrôle de la situation.

« Nous avons cru que cette katiba défendait la Libye et la révolution, il s’est avéré que c’était en fait le contraire », a poursuivi M. Hor. Le chef de la milice, Khaled Ibrahim Krid, avait été arrêté mercredi au cours d’une opération contre ce groupe qui s’était soldée par un mort et huit blessés parmi les forces de sécurité. Le vice-ministre de l’Intérieur, Omar al-Khadhraoui, avait indiqué auparavant que des « armes lourdes » avaient été saisies dans la caserne, dont des « roquettes », sans autre précision. Selon lui, 13 personnes en tout ont été arrêtées et trois autres ont pu s’échapper.

Mercredi soir, le ministère de l’Intérieur avait fait état d’affrontements à Tarhouna entre des membres des services de sécurité et des hommes armés soupçonnés d’être impliqués dans les attentats de dimanche. Abdelmonem al-Hor a par ailleurs reconnu que les forces de sécurité étaient infiltrées par des partisans de l’ancien régime et qu’un comité avait été formé pour enquêter sur cette question.

Situation sécuritaire tendue

Les attentats à la voiture piégée de dimanche ont ravivé l’inquiétude sur la fragilité de la situation sécuritaire en Libye. Jeudi, le Congrès général national (CGN), l’assemblée issue des élections du 7 juillet, s’est réuni à huis-clos pour discuter de ce sujet.

Selon des membres du CGN, le ministre de l’Intérieur Fawzi Abdelali a été sévèrement critiqué par les députés qui ont dénoncé le « laxisme » des forces de sécurité. De son côté, M. Abdelali a salué, dans une déclaration à la chaîne Libya al-Ahrar, les efforts de son ministère qui a pu arrêter, selon lui, le principal suspect des attentats « trois heures seulement » après les attaques. Les services de sécurité avaient annoncé lundi l’arrestation de « plusieurs » personnes.

Après la chute du régime de Mouammar Kadhafi, la population a puisé dans l’arsenal abandonné par l’ancienne armée. Dans le même temps, de nombreux ex-rebelles qui avaient combattu les forces Kadhafistes se sont par ailleurs organisés en milices, faisant régner leur loi à travers le pays.

(Avec AFP)

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