Fermer

Mali : une délégation de la CPI en mission à Bamako

La police islamique patrouille dans les rues de Gao, au nord du Mali, le 16 juillet 2012. © AFP

Une mission de la Cour pénale internationale (CPI) était présente vendredi 31 août à Bamako. Objectif : recueillir le maximum d'informations sur les crimes perpétrés par les islamistes mais aussi les Touaregs dans le nord du pays.

La CPI s’intéresse de près aux islamistes qui contrôlent le nord du Mali depuis plus de cinq mois. Une mission de l’institution internationale séjournait vendredi à Bamako pour s’informer, selon un de ses membres, sur des crimes présumés commis par ces extrémistes au nom de la charia (loi islamique).

« Nous sommes au Mali pour recueillir des éléments, écouter les uns et les autres et jeter un regard croisé » sur les informations obtenues, a déclaré sur les médias publics Amady Bâ, chef de cette mission arrivée mardi à Bamako.

« C’est une phase d’analyse, de recoupement d’informations. Nous allons retourner avec ces éléments et le procureur (de la CPI, Mme Fatou Bensouda) jugera alors s’il faut commencer des enquêtes avant d’engager des poursuites », a ajouté M. Bâ.

La mission, formée de trois personnes, dont M. Bâ, a rencontré jeudi le président malien de transition, Dioncounda Traoré, son Premier ministre, Cheick Modibo Diarra, et des membres du groupe de travail, pour la saisine de la CPI, mis en place par les autorités maliennes.

« La mission de la CPI restera le temps (qu’il faut). Je ne peux pas dire combien de jours. Le dossier transmis par le groupe de travail pour la saisine de la CPI est clair : il s’agit des exactions commises par les occupants des trois régions du Nord », a indiqué un responsable au ministère de la Justice.

Une enquête demandée par Bamako

Les trois régions administratives de Tombouctou, Gao et Kidal sont occupées depuis cinq mois par le Mouvement pour l’unicité du jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) et Ansar Eddine (Défenseurs de l’Islam), deux groupes islamistes alliés à Al-Qaïda au Maghreb islamiste (Aqmi) qui ont évincé leurs anciens alliés rebelles touaregs, sécessionnistes et laïcs. Ces salafistes prônent l’application de la charia (loi islamique) et prétendent s’y conformer en commettant des brutalités.

Le procureur de la CPI avait annoncé mi-juillet un examen préliminaire sur la situation au Mali, après une enquête demandée par Bamako sur des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre commis par les islamistes ou les touaregs dans le nord de ce pays.

Selon le document, il s’agit d’exécutions sommaires de soldats de l’armée malienne, de viols, de massacres de civils, d’enrôlement d’enfants soldats, de tortures, de pillages, de disparitions forcées et de destructions de symboles de l’État (hôpitaux, tribunaux, mairies, écoles), d’églises, de mosquées et de mausolées.

(Avec AFP)

Déjà 150 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici