Fermer

Burundi : les FNL de Agathon Rwasa vont-ils reprendre les armes ?

Le chef de l'ex-rébellion des Forces nationales de libération (FNL) Agathon Rwasa, le 12 mai. © AFP

Un communiqué des Forces nationales de libération (FNL) a annoncé lundi 3 septembre que le mouvement allait reprendre les armes et demandé à Pierre Nkurunziza de quitter le pouvoir. Une déclaration catégoriquement rejetée par le porte parole des FNL, Aimé Magera. Cet ancien groupe rebelle hutu avait déposé les armes en 2009 pour rejoindre le gouvernement, mettant fin à près de 20 ans de guerre civile.

Mise à jour le 05/09 à 09H35

Interrogé par Jeune Afrique en mars 2012, le président burundais, Pierre Nkurunziza, s’était montré confiant. « Ce n’est pas parce que deux ou trois personnes se sont réfugiées à l’étranger qu’il faut s’attendre à une rébellion. Compte tenu de l’évolution politique positive du Burundi et de la situation géopolitique dans la région, c’est impossible », avait-il déclaré. La crainte de certains observateurs pourrait pourtant se vérifier. Un communiqué des Forces nationales de libération (FNL) a annoncé lundi 3 septembre que le mouvement allait reprendre les armes et demandé à Pierre Nkurunziza de quitter le pouvoir.

"Combattre le gouvernement"

« Le parti au pouvoir [le Conseil national pour la défense de la démocratie – Forces pour la défense de la démocratie (CNDD-FDD), NDLR] et son gouvernement continue d’appauvrir la population à cause d’un management économique. Nous avons donc décidé de combattre le gouvernement militairement », indique un communiqué signé par l’état-major des FNL.

Pour le moment rien ne permet d’assurer que la déclaration n’est pas qu’un simple effet d’annonce. Surtout, la décision ne semble pas partagée par l’ensemble du mouvement. Selon RFI, la déclaration de guerre au gouvernement burundais a été catégoriquement rejetée par le porte parole des FNL, Aimé Magera, qui dit parler au nom du chef en exil du mouvement, Agaton Rwasa.

« Le FNL n’a pas repris les hostilités contre le gouvernement burundais. Nous avons déposé les armes une fois pour toute. Nous considérons ça comme une manoeuvre du pouvoir pour justifier des massacres récents ou futurs », dit-il. Agaton Rwasa affirme que le communiqué est l’oeuvre du général Aloys Nzabampema, un déserteur qui « n’est pas membre du FNL et n’a jamais été un dirigeant du FNL ».

Guerre civile

Les Forces nationales de libération, un ancien groupe rebelle hutu, avait déposé les armes en 2009 pour rejoindre le gouvernement mettant fin à près de 20 ans de guerre civile.

Candidat à l’élection présidentielle burundaise de 2010, Agathon Rwasa avait finalement décidé de boycotter le scrutin (dénonçant des fraudes lors des communales) avant de disparaitre en avril de la même année. Il serait réfugié depuis en République démocratique du Congo (RDC). « Les membres du FNL sont fatigués des tueries, des persécutions et de la torture orchestrées par le CNDD-FDD », a précisé le leader des FNL.

Depuis cette élection contestée, les violences  et arrestations d’opposants se sont faites de plus en plus nombreuses. Des informations ont fait état de tueries, d’assassinats dont se seraient rendus coupables des policiers, des militaires et des membres des services de renseignements.

(Ave Agences)
 

Couverture

L’actu n’attend pas !


Couverture

Accédez à toute l'actualité africaine où que vous soyez en souscrivant à l'Edition Digitale de Jeune Afrique

Je m'abonne J'achète ce numéro