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Procès Habré : la défense réfute l’accord conclu entre l’UA et le Sénégal

Écrit par Abdel Pitroipa

L'ex-président tchadien Hissène Habré. © AFP

Les avocats de Hissène Habré ne souhaitent qu'une chose : l'échec du processus entamé par l'Union africaine (UA) et le Sénégal pour la création d'un tribunal spécial, allant jusqu'à en contester l'existence même. La machine judiciaire semble pourtant bien en marche et devrait conduire l'ex-président tchadien à répondre des crimes commis dans son pays entre 1982 et 1990.

« Il n’y aura pas de procès ! » C’est le pari osé que fait Me François Serres, l’avocat français de Hissène Habré qui s’exprimait, le 4 septembre, depuis son cabinet parisien. Avec quelques confrères sénégalais, le juriste élabore une stratégie afin d’éviter la tenue d’un procès qui paraît plus proche que jamais après que, le 22 août dernier, Dakar a annoncé avoir signé un accord avec l’Union africaine (UA) pour la création de chambres africaines extraordinaires au sein des juridictions sénégalaises pour juger tous les « crimes internationaux commis au Tchad durant la période 1982-1990 ».

François Serres s’évertue à mettre en doute l’existence d’un tel accord, se basant sur le fait qu’aucune copie du texte n’a jusqu’ici été rendue publique. « Je le considère donc comme un acte inexistant et s’il existait, un acte parfaitement irrégulier », grogne l’avocat. Qui entend le cas échéant contester l’autorité juridique des deux signataires, « au regard du droit international public et du droit constitutionnel », pour créer au Sénégal une juridiction extraordinaire.

Arguments tous azimuts

Les arguments de l’avocat pleuvent tous azimuts : invocation de vices de forme ou de l’insuffisance des financements actuels, et mise en cause des arguments de l’accusation sur le fond. François Serres va jusqu’à mettre en doute la volonté politique du président sénégalais Macky Sall. « Je m’étonne de son empressement à prendre cette affaire comme une priorité au lendemain de son élection, comme s’il avait une dette auprès d’un certain nombre de bailleurs de fonds internationaux », persifle-t-il.

Au cours de ses huit années de présidence, l’ex-dirigeant tchadien, exilé au Sénégal depuis 1990, se serait rendu coupable de massacres, d’assassinats politiques et d’actes de torture. Le nombre des victimes s’élève à 40 000 morts et 20 000 disparus.

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