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Mali : Bamako a saisi la Cedeao pour une intervention militaire

Le président par intérim du Mali, Dioncounda Traoré, à Bamako, le 23 août 2012. © AFP

La Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) a bien reçu la demande d'appui du Mali. Si l'option militaire semble prendre le dessus, Bamako souhaite également poursuivre les négociations en cours avec les groupes armés qui contrôlent le Nord du pays.

C’est un tournant important dans la crise malienne. Le Mali a en effet saisi la Cedeao pour demander un appui afin de sortir de l’impasse et récupérer le nord du pays aux mains des islamistes. Bamako est toutefois resté prudent sur la question du déploiement d’une force régionale sur son territoire.

« L’aide demandée auprès de la Cedeao porte essentiellement sur la sécurisation des institutions de la transition, la réorganisation des forces armées et de sécurité, la restauration de l’intégrité territoriale du Mali », a indiqué la présidence ivoirienne, Alassane Ouattara étant le président en exercice de l’organisation ouest-africaine.

« La mission de la Cedeao au Mali pourrait déployer un détachement de liaison et d’observation, à l’exclusion du déploiement d’unités de police constituées ou de forces militaires combattantes », a-t-elle souligné dans un communiqué.

Plus tôt dans la journée, le secrétaire général de la présidence malienne, Baba Berthé, en visite à Abidjan, avait espéré que la négociation rende une intervention militaire « sans objet ». « En revanche, si les négociations en cours n’étaient pas concluantes, évidemment, il faudrait envisager cette option militaire », a-t-il ajouté.

Environ 3 300 soldats

Dans l’attente d’une demande formelle de Bamako et un mandat du Conseil de sécurité de l’ONU, la Cedeao prépare depuis plusieurs mois le déploiement au Mali d’une force de quelque 3 300 soldats, dont les contours demeurent encore flous,

Baba Berthé s’exprimait au lendemain de l’annonce, par le diplomate français Jean-Felix Paganon, d’une demande « formelle » du président malien de transition, Dioncounda Traoré, en faveur d’une intervention militaire ouest-africaine pour reconquérir le nord du Mali. Jusqu’à mercredi soir, l’annonce de cette requête n’avait toutefois pas été confirmée officiellement à Bamako.

Pour sa part, le président Blaise Compaoré, médiateur dans la crise malienne, a affirmé mercredi que le Burkina Faso serait « très disponible » en cas d’intervention des troupes de l’Afrique de l’Ouest pour reconquérir le Nord-Mali.

À Bamako, le Front uni pour la défense de la République et de la démocratie (FDR), coalition contre le coup d’État militaire du 22 mars au Mali, s’en est aussi réjoui, parlant d’une « décision courageuse ». Le FDR a exhorté la Cedeao, l’Union africaine et l’ONU « à traiter rapidement » la demande malienne pour permettre de libérer le nord du Mali.

Le parti Solidarité africaine pour la démocratie et l’indépendance (Sadi), membre du front anti-putsch MP22, l’a, quant à lui, dénoncée. « Nous ne sommes pas pour une intervention étrangère » mais pour « une libération du nord avec, au centre, nos forces armées », a affirmé un de ses responsables, Nouhoum Keïta. Pour la France, « cette demande des autorités maliennes est une étape indispensable pour envisager l’appui international ».

Appui aérien

À New York, le nouveau président du Conseil de sécurité, l’ambassadeur allemand Peter Wittig, a indiqué qu’il revenait aux « acteurs africains », en particulier la Cedeao, de saisir le Conseil de l’envoi d’une force panafricaine et de lui fournir des précisions sur cette force.

Selon Radio France Internationale (RFI), qui cite des extraits de la lettre du président malien, Dioncounda Traoré « demande un renforcement des capacités antiterroristes », mais aussi « un appui aérien et l’envoi de cinq bataillons à partir de la ligne de front qui "seront graduellement engagés pour contrôler les villes reconquises" ».

Mi-août, l’armée malienne avait déjà prévenu que cette force régionale ne s’occuperait pas de la sécurité des institutions à Bamako et que, pour la reconquête du nord, « les autres viendront en appui, surtout en aviation, en logistique ».

Mercredi, un proche du capitaine Amadou Sanogo, le chef des putschistes du 22 mars, a rejeté toute idée de « troupes de la Cedeao » au Mali dans un entretien à RFI. L’armée malienne souhaite « un soutien logistique et du renseignement par rapport à la libération du nord », a dit ce proche, Bakary Mariko.

Parallèlement à la préparation de la force, la Cedeao a entamé des discussions avec certains des groupes armés présents à Kidal, Gao et Tombouctou (nord) pour résoudre la crise malienne. Celle-ci avait été déclenchée par le putsch du 22 mars contre le président Amadou Toumani Touré (ATT), coup d’État ayant précipité la partition du pays.

Aujourd’hui, les islamistes extrémistes ont évincé leurs ex-alliés rebelles touaregs et contrôlent tout le nord du Mali ainsi que Douentza, ville stratégique de la région de Mopti (centre) prise sans combat le 1er septembre.

(Avec AFP)

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