Fermer

Tunisie : le Qatar expulse Sakhr el-Materi, gendre de Ben Ali

Sakhr El-Materi était réfugié au Qatar depuis la chute du régime Ben Ali. © AFP

Le Qatar a annoncé, lundi 10 septembre, qu'il allait expulser Sakhr el-Materi, le gendre du président déchu Zine el-Abidine Ben Ali. La destination future de celui-ci est inconnue pour le moment.

C’est une petite victoire pour les révolutionnaires tunisiens. Lundi, le Qatar a annoncé sa décision d’expulser Sakhr el-Materi, gendre de Zine el-Abidine Ben Ali. Personnalité parmi les plus proches de l’ancien président tunisien, mais aussi parmi les plus détestées du pays, il était établi à Doha depuis le soulèvement qui a renversé le régime de son beau-père en janvier 2011.

« À la demande du président Moncef Marzouki (…), l’émir du Qatar, Cheikh Hamad Ben Khalifa Al-Thani, a décidé par décret l’expulsion de Sakhr el-Materi », a declaré un porte-parole de la présidence tunisienne. Cette annonce coïncide avec le voyage, lundi, du président tunisien Moncef Marzouki pour le Qatar. Il doit y assister à une conférence sur la restitution des biens spoliés dans les pays du « Printemps arabe », à l’invitation de l’émir qatari.

Selon la communication de la présidence tunisienne, le Qatar a assuré Moncef Marzouki de sa disposition à apporter tout le soutien technique et juridique nécessaire à l’identification des comptes bancaires et avoirs détournés par les proches de l’ex-raïs.

Dauphin potentiel

Sakhr el-Materi, homme d’affaires de 31 ans, était réputé être le gendre préféré de l’ancien couple présidentiel. Il était souvent présenté comme un dauphin potentiel de Ben Ali avant le soulèvement populaire de l’hiver 2011.

Il avait fui la Tunisie avant la chute du régime pour se réfugier au Qatar avec son épouse Nesrine, la fille aînée de Ben Ali. Patron de Princess Holding, il était actif dans tous les domaines d’activité économique en Tunisie. Ses avoirs ont été confisqués ou placés sous administration de l’État. Il est sous le coup de condamnations à de la prison ferme dans de multiples affaires de corruption et continue d’être l’objet de poursuites judiciaires.

"Restituer les avoirs détournés"

« La Tunisie continuera de demander à tous les pays qui accueillent des proches de l’ancien président de les livrer à la justice de leur pays et de restituer leurs avoirs détournés », a ajouté le porte-parole de la présidence.

En juillet, l’État tunisien avait annoncé la cession de ses parts saisies dans le capital de l’opérateur Tunisiana, détenu à 75% par Qatar Telecom, ainsi que dans la société Ennakl Automobiles, concessionnaire de Volkswagen.

Tunis a plusieurs fois demandé, en vain, l’explusion de Ben Ali, réfugié en Arabie Saoudite avec son épouse Leïla Trabelsi depuis leur fuite du 14 janvier 2011. L’ex-président a été condamné à la réclusion à perpétuité dans plusieurs affaires pour corruption ou complicité de meurtres de manifestants lors du soulèvement qui l’a chassé du pouvoir.

(Avec AFP)
 

Déjà 150 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici