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Côte d’Ivoire : l’opposition veut « relancer le dialogue politique pour sortir de l’engrenage de la violence »

Manifestation de partisans pro-Gbagbo, le 30 octobre 2011 à Abidjan. © Sia KambouAFP/Archives

Regroupant les partis de l'opposition ivoirienne, la Ligue des mouvements pour le progrès (LMP) a appelé, lundi 10 septembre, à la relance du dialogue avec les partis au pouvoir. Une initiative bienvenue, alors que les tensions créées par les attaques du mois d'août contre les FRCI ne sont toujours pas retombées.

Objectif : sortir la Côte d’Ivoire de « l’engrenage de la violence » auquel elle est confrontée depuis le début d’août. À cette fin, l’opposition ivoirienne regroupée au sein de la Ligue des mouvements pour le progrès (LMP) a appelé, lundi 10 septembre, à « relancer le dialogue » direct entre les partis politiques, notant que celui-ci s’était nettement ralenti ces dernières semaines.

« Il faut commencer les négociations directes entre les forces politiques. C’est par elles que les violences arrivent, ce sont elles qui peuvent les débloquer », a jugé Kabran Appia, président du LMP. Revenu d’exil en avril, celui-ci entretient de bons rapports avec les autorités ivoiriennes.

Cherchant à se démarquer de l’attitude ambigüe du président de l’Assemblée nationale et leader des Forces nouvelles (FN, ex-rebelles), Guillaume Soro, le ministre de l’Intérieur, Hamed Bakayoko, joue quant à lui désormais la partition de l’apaisement. Il a notamment rencontré samedi à Abidjan des membres des Jeunes patriotes, fervents partisans de Laurent Gbagbo, qui avait été accusé de les armer pour en faire une milice à sa solde. Bakayoko avait même révélé qu’il avait des contacts téléphoniques réguliers avec leur ancien chef, Charles Blé-Goudé.

"Arrêter de rêver"

« Nous sommes gbagboïstes et nous demeurons gbagboïstes. Mais ceux qui rêvent d’un coup d’État doivent arrêter de rêver. La jeunesse patriotique est fatiguée. Elle refuse d’être manipulée et d’aller à la paix. C’est pourquoi nous acceptons la main tendue du président Alassane Ouattara », a déclaré Zady Djédjé, un responsable des jeunes patriotes, cité dans la presse lundi.


La Côte d’Ivoire court à la ruine. Le pays plonge dans le chaos.

Justin Koua, responsable de la jeunesse du FPI

« Nos militants sont contraints de vivre dans une certaine clandestinité dans leur propre pays. Tous les jours, leurs domiciles sont pris d’assaut par les bandes armées désordonnées et désorganisées à la solde du régime (…). La Côte d’Ivoire court à la ruine. Le pays plonge dans le chaos », s’est lamenté de son côté le responsable de la jeunesse du Front populaire ivoirien (FPI, parti de Laurent Gbagbo), Justin Koua, qui a appelé à un rassemblement le 4 octobre à Abidjan.

Exactions

Même s’il craint toujours des tentatives de déstabilisation – voire d’assassinat – orchestrées par des pro-Gbagbo en exil, au Ghana notamment, le président Alassane Ouattara a fait savoir qu’il avait donné des instructions très claires aux ministres en charge de la Défense et de la Sécurité pour qu’ils sanctionnent sévèrement les exactions commises par les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), en forte recrudescence ces dernières semaines.

Par ailleurs, le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, a appelé lundi à Paris la communauté internationale à « soutenir » les efforts en vue d’une réconciliation nationale en Côte d’Ivoire. Et le président de la Commission dialogue, vérité et réconciliation (CDVR), l’ancien Premier ministre Charles Konan Banny, qui avait exhorté fin août le président Alassane Ouattara pour qu’il prenne des « initiatives » afin de relancer le dialogue, poursuit ses consultations avec les partis politiques.

(Avec AFP)

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