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Côte d’Ivoire : levée provisoire de la suspension des journaux pro-Gbagbo

La presse ivoirienne, foncièrement partisane, est divisée en deux camps opposés. © AFP

Lundi 17 septembre, le Conseil national de la presse (CNP) a décidé de lever la suspension de parution qui frappait depuis cinq jours l'ensemble de la presse pro-Gbagbo. Mais la méfiance demeure entière entre les médias de l'opposition ivoirienne et le pouvoir d'Alassane Ouattara.

La décision prise le 12 septembre par le Conseil national de la presse (CNP) de suspendre tous les quotidiens pro-Gbagbo pendant une durée d’une à deux semaines a été levée provisoirement, lundi 17 septembre au soir. « Nous avons décidé de suspendre la sanction qui frappait ces journaux, dans le cadre des médiations en cours avec le Groupement des éditeurs de presse de Côte d’Ivoire (patronat) et la Commission dialogue, vérité et réconciliation (CDVR) », a déclaré le président du CNP, Raphaël Lakpé, qui dit vouloir « donner une chance à ces médiations, afin de voir quels sont les engagements que les responsables des journaux sanctionnés ont pris et les garanties qu’ils les respecteront »

Ladite suspension  avait été jugée partiale par de nombreux observateurs, diplomates et associations de défense des droits de l’homme, dans la mesure où elle était très longue (jusqu’à douze parutions, du jamais vu en Côte d’Ivoire), du fait aussi que M. Lakpé n’est pas réputé être une personnalité indépendante du pouvoir (il a travaillé pour un journal pro-Ouattara, Le Patriote), et enfin car les faits reprochés aux intéressés paraissaient mineurs.

"Tentative de falsification"

Les six journaux concernés avaient notamment été accusés par le CNP d’avoir des pratiques « de nature à faire perdurer la crise postélectorale », car ils avaient publié en quatrième de couverture des photographies d’anciens ministres de Laurent Gbagbo, avec des légendes mentionnant les intitulés de leurs postes, alors que Ouattara avait décrété en avril 2011 nul et non avenu le gouvernement nommé par son rival pendant la crise postélectorale.

Réagissant à la décision du CNP dans un communiqué, les quotidiens pro-Gbagbo se sont félicités de la « victoire de la vérité sur la tentative de falsification de l’histoire de la Côte d’Ivoire ». Ils avaient reçu le soutien non partisan de l’ONG Reporters Sans Frontières, qui, le 12 septembre, avait appelé « le CNP et son président Raphael Lakpé à de la retenue. Car, si les emprisonnements ne sont plus une menace, les journalistes doivent faire face aux interdictions de parution à sens unique du CNP. »

Écueils futurs

Bert Koenders, le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en Côte d’Ivoire, a également salué dans un communiqué la décision du CNP qu’il a jugée « de nature à contribuer à la création d’un environnement propice au dialogue républicain. »

Mais le fond de l’affaire n’est pas définitivement réglé pour autant. Dans leur communiqué, les journaux pro-Gbagbo se réjouissent de pouvoir désigner les personnalités pro-Gbagbo par leurs titres d’ancien Premier ministre (comme Gilbert Aké N’Gbo) ou d’anciens ministres. Or le CNP estime de son côté avoir reçu l’assurance que les manquements, objets de la sanction, seront corrigés. Ce qui pourrait créer de nouvelles difficultés.

(Avec AFP)
 

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