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Marikana : « Beaucoup de progrès » dans les négociations entre Lonmin et les grévistes

Par Jeune Afrique

Sit-in organisé par des mineurs grévistes, le 14 septembre 2012 à Marikana. © AFP

En Afrique du Sud, les négociations entre les mineurs grévistes de Marikana et l’exploitant Lonmin semblent connaître de grandes avancées. "Beaucoup de progrès", ont été réalisés, a rapporté lundi 17 septembre Afzul Soobedaar, l'un des médiateurs de ce qui restera l'un des plus violents conflits sociaux de ces dernières années dans le pays.

Mis à jour à 14h54.

Les négociations entre Lonmin et les mineurs grévistes de la mine sud-africaine de Marikana seraient-elles sur le point d’aboutir ? « Nous avons fait beaucoup de progrès et sur cette base, les chances d’avoir une solution sont bien plus élevées qu’avant », s’est en tout cas réjoui Afzul Soobedaar, membre de la commission d’arbitrage pour les conflits du travail, à l’issue de sept heures de discussions, lundi 17 septembre, au sujet desquelles aucune information n’a filtré.

Détermination

C’est la première fois que les représentants des salariés et ceux du groupe britannique Lonmin, l’employeur, semblent déterminés à conclure ces pourparlers, qualifiés d’« éreintants » par le médiateur, mais que les parties souhaitent désormais finaliser sans trop tarder. « Il n’y a pas de date butoir mais les parties visent à essayer de terminer la négociation dans la semaine », a précisé M. Soobedaar, ajoutant qu’il y avait « un engagement » commun pour achever les négociations d’ici là.

Mardi matin, des milliers d’employés de Lonmin se sont rassemblés dans un stade, hors de la présence des médias, pour prendre connaissance des ultimes propositions de la direction. Ils avaient entre les mains des feuilles au logo de Lonmin, précisant l’offre. La grille de salaires détaillée dans ce document prévoit une hausse de 1 875 rands (173 euros) mensuels, ce qui porterait la plupart des salaires à plus de 9 000 rands (830 euros).

En lettre rouges au bas de la feuille était imprimée la phrase suivante : « Prime unique de 1 500 rands (140 euros, NDLR) SI cette offre est acceptée ET si le travail reprend mercredi 19 septembre ». La proposition faite par Lonmin n’inclut pas les primes mais le salaire de base brut, plus l’allocation logement et la couverture médicale.

Les mineurs se sont dispersés vers midi (10 heures GMT) mais la police a empêché les médias de les approcher. La porte-parole de Lonmin Sue Vey a indiqué qu’elle n’avait aucune information sur la réaction des mineurs à l’offre de la direction. Une source proche des négociations a indiqué sous couvert de l’anonymat qu’ils l’avaient rejetée.

Concessions

Le 13 septembre dernier, Lonmin avait accordé une première concession en acceptant de négocier d’un additif au dernier accord salarial. Les augmentations proposées par Lonmin étaient situées sur une fourchette qui s’étale de  821 à 1 875 rands bruts selon la catégorie (75 à 173 euros). Cette hausse permettrait d’élever les salaires des mineurs de base à 9 500 rands bruts et à 12 833 rands bruts pour les chefs d’équipe.

Les documents de la direction précisent que les foreurs, qui ont enclenché le mouvement de grève, verraient leur salaire augmenter, pour atteindre 10 938 rands bruts, ce qui représenterait une hausse de 20% environ. Le syndicat non représentatif Amcu, qui est à l’origine de la grève illégale débutée le 10 août, a également été admis à la table des négociations, bien qu’il ne se soit pas présenté lors de la journée du 17 septembre au cours de laquelle les grandes avancées ont eu lieu. La raison de cette absence est inconnue, prétend le médiateur.

Le même jour, la police a refusé l’accès à un meeting de mineurs de Marikana au jeune tribun populiste Julius Malema, au motif que le rassemblement était réservé aux grévistes et aux négociateurs.

Tensions

Cette relative avancée des négociations a lieu alors que la situation semblait à nouveau se tendre. Le week-end dernier, la police a en effet effectué une descente au sein des baraquements des mineurs grévistes de Marikana afin de confisquer les machettes et bâtons et d’empêcher les grévistes de se rassembler. Cette intervention avait généré de nouveaux affrontements entre la police et les mineurs.

Les tensions avaient atteint leur acmé après la tuerie du 16 août, lors de laquelle la police a ouvert le feu sur les grévistes, entraînant la mort de 34 d’entre eux. La grève des foreurs de Lonmin, qui ont cessé le travail pour exiger de fortes augmentations, a suscité un certain écho auprès des salariés d’autres mines de la région, dans lesquelles, la situation est aussi fortement perturbée.

(Avec AFP)

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