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Nigeria : Boko Haram suspecté dans l’assassinat d’un ministre de l’État de Borno

Par Jeune Afrique

Boko Haram possèderait des liens avec Aqmi. © AFP

Le ministre de la Justice de l’État de Borno, mais aussi l’ancien directeur national des prisons ont été tués, lundi 17 septembre, par des hommes armés. Ces attaques interviennent quelques heures seulement après que deux membres présumés de Boko Haram, dont le porte-parole de la secte islamiste, ont été abattus par les forces de sécurité nigérianes.

Le gouvernement et la police de l’État de Borno (nord-est du Nigeria), ont indiqué, mardi 18 septembre, que le ministre de la Justice local ainsi que l’ex-directeur national des prisons ont été abattus par des hommes armés. Un responsable gouvernemental, qui a souhaité rester anonyme, a précisé que le ministre local, Zannah Malam Gana, « a été tué par balles par des hommes armés à son domicile à 20 heures 45 hier [lundi], dans la ville de Bama ».

L’État de Borno est considéré comme le berceau de l’insurrection islamiste nigériane, Boko Haram. Une source policière a ajouté qu’une autre attaque a coûté la vie à l’ancien directeur national des prisons dans l’État de Bauchi (nord), abattu au moment où il sortait d’une mosquée après la prière du soir. Celui-ci est décédé de ses blessures le lendemain, mardi 18 septembre.

Représailles ?

Ces attaques ont pris place immédiatement après la mort de deux hauts responsables présumés du groupe islamiste nigérian Boko Haram, tués lundi 17 septembre lors d’une opération menée par l’armée nigériane à Kano, la plus grande ville du nord du pays. Bien que les attentats n’aient pas encore été revendiqués, beaucoup y ont vu des représailles de la part de la secte islamiste.

Le porte-parole de Boko Haram – connu sous le nom d’Abul Qaqa – fait partie des deux islamistes ayant perdu la vie lors de l’opération militaire. Il incarnait le visage médiatique du groupe radical, dont il revendiquait régulièrement les actions meurtrières. L’autre victime, qui a succombé à ses blessures, occupait la fonction de commandant de terrain pour les États de Kogi (centre) et Kaduna (nord) ainsi que pour la capitale Abuja.

Boko Haram à l’origine de 1 400 morts

Depuis 2010 et le commencement de son insurrection, Boko Haram serait responsable de la mort de plus de 1 400 personnes. Le groupe, dont le nom en haoussa signifie  « l’éducation occidentale est un pêché » tente d’instaurer un califat islamique et d’imposer la charia à l’ensemble du Nigeria. Le nord du pays, le plus peuplé d’Afrique, est majoritairement musulman alors que le sud est à dominante chrétienne.

Maiduguri, la capitale de l’État de Borno est le théâtre fréquent d’attaques perpétrées par Boko Haram, le groupe djihadiste ayant élu domicile dans la ville. Les autorités nigérianes soutiennent que les membres de Boko Haram possèdent des liens avec Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) qui leur prodiguerait un entraînement et un soutien logistique.

En juin, Washington a ajouté trois membres présumés de Boko Haram, dont leur chef Abubakar Shekau et deux autres militants, à la liste des terroristes internationaux. Leur inscription a aussi pour conséquence le gel de leurs avoirs aux États-Unis.

Le 26 août drnier, le gouvernement nigérian a déclaré qu’il entamait des pourparlers indirects avec des membres de la secte islamiste afin que cessent les violences meurtrières. Il y a quelques mois, une tentative de dialogue s’était soldée par un échec. Le groupe a d’ailleurs affirmé à plusieurs reprises qu’il refusait tout dialogue avec le gouvernement.

(Avec AFP)

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