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Sida : le virus serait à l’origine d’une salmonellose mortelle en Afrique subsaharienne

Un malade du sida prend son traitement. © AFP

Une nouvelle forme mortelle de salmonellose s'est développée en Afrique subsaharienne, favorisée par l'épidémie de sida qui affaiblit le système immunitaire, selon une étude parue dimanche.

Les salmonelloses incluent la fièvre typhoïde, devenue rare dans les pays industrialisés mais qui fait encore 600.000 morts dans les pays en développement, et les salmonelloses non typhiques qui se traduisent principalement par des diarrhées aiguës.

En Afrique subsaharienne, où cohabitent malnutrition, paludisme et sida, est apparue une forme rapidement invasive de la salmonellose non typhique, liée à la contamination de l’eau et des aliments par les selles, qui aboutit au décès de 22 à 45% des personnes infectées.

En séquençant le génome de cette salmonelle, les chercheurs de l’Institut Trust Sanger en Grande-Bretagne ont établi une parenté avec la salmonelle à l’origine de la typhoïde. Ils ont découvert qu’elle avait évolué en deux vagues, l’une apparue il y 52 ans dans le sud-est de l’Afrique et l’autre il y 35 ans dans le bassin du Congo.

Épidémie "exacerbée"

"L’épidémie de sida passe pour avoir débuté dans le centre de l’Afrique avant de se développer vers l’est, de manière largement similaire à celle observée pour la deuxième vague de salmonellose invasive", relève le Dr Robert Kingsley, l’un des co-auteurs de l’étude parue dimanche dans Nature Genetics.

En étudiant cette deuxième vague, les chercheurs ont trouvé un gène qui rend la maladie résistante au chloramphenicol, un antibiotique de première ligne contre la salmonellose, alors que ce gène n’était pas présent dans la salmonellose de la première vague. L’épidémie actuelle aurait, selon les chercheurs, été "exacerbée" par l’augmentation du nombre de personnes immuno-déprimées dans la population.

"C’est la première fois que le séquençage du génome a permis de suivre l’extension d’une épidémie de salmonellose", souligne le Pr Gordon Dougan, un autre co-auteur de l’étude.

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