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Tunisie : des journalistes de Dar Assabah suspendent leur grève de la faim pour négocier

Par Jeune Afrique

Manifestation de journalistes de "Assabah" au siège de leur quotidien, à Tunis, le 2 octobre. © AFP/Archives/Fethi Belaid

Huit journalistes du groupe de presse Dar Assabah, qui ont mené une grève de la faim pendant sept jours, ont recommencé à s’alimenter, lundi 8 octobre, à la veille de négociations tripartites. Le gouvernement aurait promis le départ de Lotfi Touati, dont la nomination à la tête de la société avait déclenché le conflit, en août dernier.

Les huit journalistes du groupe de presse tunisien Dar Assabah ont suspendu, lundi 8 octobre, la grève de la faim qu’ils menaient depuis sept jours. Un collègue des protestataires a indiqué à l’AFP que l’ouverture des négociations avec les autorités, prévues mardi 9 octobre, était à l’origine de cette décision.

« Les négociations commencent demain après-midi, on a arrêté la grève de la faim en attendant de voir ce qu’il se passe », a déclaré Essia Atrous du service international de Assabah. La table des négociations réunira les représentants des rédactions du groupe Dar Assabah, le ministre des Affaires sociales, Khalil Zaouia, ainsi que les syndicats UGTT (Union Générale Tunisienne du Travail) et SNJT (Syndicat national des journalistes tunisiens).

La nomination par le gouvernement d’un ancien commissaire de police compromis avec l’ancien régime, Lotfi Touati, comme directeur du groupe, en août, avait enclenché un mouvement de protestation au sein des rédactions des deux quotidiens Assabah (arabophone) et Le Temps (francophone). Les journalistes accusent le gouvernement, dominé par le parti islamiste Ennahdha, de tenter d’influencer les lignes éditoriales de leurs titres. Le conflit a notamment été marqué par un incident violent : Touati aurait délibérément renversé un des journalistes du groupe avec son véhicule.

"Calmer le jeu"

Les représentants du gouvernement « nous ont dit de calmer le jeu, que dans deux ou trois semaines, il [M. Touati] partira. Mais nous n’avons aucune garantie », a ajouté Mme Atrous. Outre le départ de leur directeur, les journalistes de Dar Assabah portent une deuxième revendication : le règlement de sommes impayées depuis neuf ans (850 000 euros de primes, heures supplémentaires, etc.), du temps du régime Ben Ali. Par ailleurs, les employés entendent bien se poser en acquéreurs « prioritaires », au cas où le gouvernement viendrait à céder ses participations dans les deux titres.

Jusqu’à la révolution, Dar Assabah, qui emploie 200 personnes, était aux mains de Sakher El-Materi. Le gendre de Zine el-Abidine Ben Ali détenait 80% du capital du groupe de presse. Suite au renversement de l’ex-raïs, les journaux de la société sont tombés dans le giron de l’État tunisien. Aujourd’hui, les islamistes au pouvoir sont accusés par de niombreux journalistes de chercher à contrôler les médias en nommant des directeurs dociles, retombant dans les travers du régime Ben Ali.

Le SNJT soutient les revendications des journalistes et a déposé un préavis de grève générale pour le 17 octobre. Les employés du groupe Dar Assabah avaient déjà organisé une journée de grève le 11 septembre, suite à l’échec des négociations mettant déjà aux prises les mêmes acteurs : le gouvernement, les syndicats de presse et le personnel du groupe.

(Avec AFP)

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