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Nouvelles attaques contre une centrale thermique et des forces de l’ordre en Côte d’Ivoire

Par Jeune Afrique

Vue sur la centrale thermique d'Azito, à Abidjan. © AFP/Archives - Issouf Sanogo

Dans la nuit du dimanche 14 au lundi 15 octobre, un groupe armé a tenté de s’emparer de la centrale d’Azito, à Abidjan. Parallèlement, la gendarmerie de Bonoua, ville située non loin de la frontière ghanéenne, a également été prise pour cible par des assaillants, dont l'’un aurait trouvé la mort.

Une centrale thermique d’Abidjan a été la cible d’une attaque menée par un groupe armé, dans la nuit du dimanche 14 au lundi 15 octobre. « La centrale d’Azito a fait l’objet vers 3 heures du matin [heure locale NDLR] d’une présence d’individus armés en tenue militaire qui ont tenté de prendre le site, mais nos hommes les ont repoussés », a assuré Paul Koffi Koffi, le ministre de la Défense, à l’AFP. « Il y a eu plusieurs arrestations, nous sommes en train de procéder aux auditions », a-t-il ajouté. Une dizaine d’assaillants auraient, selon lui, pris part à l’opération.

Si aucune victime ne serait à déplorer d’un côté comme de l’autre, une source au sein de la Compagnie ivoirienne d’électricité (CIE) indique que la centrale thermique a subi des dégâts. L’installation est située dans le quartier de Yopougon, dans l’ouest d’Abidjan. Elle fournit en électricité une bonne partie de la capitale économique ivoirienne. Suite à l’attaque, « un groupe qui alimente l’électricité est hors service », a précisé une source, membre du service communication de la CIE.

Carrefour vers le Ghana

Un peu plus tôt dans la nuit, une autre attaque a ciblé la police et la gendarmerie à Bonoua. La ville du sud de la Côte d’Ivoire, située à 60km d’Abidjan, représente un carrefour vers le Ghana. « Ça a commencé vers 23 heures. On entendait des tirs à l’arme lourde et à la kalachnikov », a relaté un habitant.

Sous couvert d’anonymat, une source au sein de l’état-major des Forces républicaines (FRCI, armée), a fait état d’« un mort dans les rangs des assaillants ». L’information n’a pas été confirmée par le ministère de la Défense, qui affirme n’avoir, pour l’heure, aucun bilan mentionnant d’éventuelles victimes.

« Dans la nuit, il y a eu un braquage au commissariat. Les braqueurs se sont ensuite dirigés vers la gendarmerie. Ils ont essuyé des tirs et ils ont pris la fuite vers le village de Samo », a précisé M. Koffi. La localité se situe plus à l’Est, en direction du Ghana, qui constitue un refuge pour de nombreux partisans de l’ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo.

Le président ghanéen John Dramani Mahama a affirmé à maintes reprises qu’il ne tolérerait pas que son pays représente une « base arrière » destinée à déstabiliser la Côte d’Ivoire. Malgré ces déclarations visant à l’apaisement, les intrusions répétées d’assaillants hostiles au régime d’Alassane Ouattara, en provenance du  Ghana, empoisonnent les relations entre les deux pays.

Regain de violences depuis août

La double attaque de la nuit dernière intervient dans un contexte tendu. Une série d’attaques meurtrières ont été menées en août contre les forces de sécurité ivoiriennes, marquant le plus grave regain de tension depuis la fin de la crise postélectorale de décembre 2010-avril 2011, qui a entraîné la mort de 3 000 personnes.

Les dernières offensives en date avaient eu lieu les 20 et 21 septembre, notamment contre le poste de Noé, à la frontière avec le Ghana. Trois personnes avaient alors perdu la vie, dont un militaire des FRCI. Suite à l’incident, la Côte d’Ivoire avait décidé de fermer l’ensemble de ses frontières avec son voisin.

Le régime d’Alassane Ouattara attribue les attaques qui ont lieu depuis août à des partisans de Laurent Gbagbo. Ces derniers nient toute implication dans les assauts.

(Avec AFP)

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