Fermer

Côte d’Ivoire : coup de balai dans la justice

Parmi les huit magistrats mis en cause, six sont du parquet et deux du siège. © DR

Le gouvernement ivoirien a annoncé, mercredi 17 octobre, que huit magistrats avaient été suspendus. Des enquêtes pour corruption ont été ouvertes contre eux.

Le gouvernement ivoirien a engagé des poursuites disciplinaires contre huit magistrats. Les accusations portées contre eux relèvent, entre autres, de faits d’abandons de postes, d’abus de pouvoir, d’extorsions de fonds et de corruption…

« En attendant la fin des enquêtes ouvertes par la chancellerie, ces magistrats – six du parquet et deux du siège [cour d’appel, NDLR] – sont frappés d’interdiction d’exercer », a déclaré Raymonde Goudou Koffi, la porte-parole adjointe du gouvernement, à la fin du conseil des ministres hebdomadaire à la Présidence ivoirienne, mercredi 17 octobre. C’est la première fois que des sanctions prises contre des magistrats sont annoncées publiquement. Mais dans le milieu judiciaire, les questions fusent.

« Depuis la fin de la crise, certains magistrats estampillés pro-Gbagbo sont au placard. Cela ressemble fort à une chasse aux sorcières ou à un règlement de compte », confie à Jeune Afrique un haut magistrat qui a requis l’anonymat. Par ailleurs, en Côte d’Ivoire, les soupçons de manipulation de la justice par des politiques dans certaines procédures sont fréquents. « Si on lance une enquête, c’est toute la justice qu’il faut suspendre. La gangrène est partout », commente, désabusé, un acteur de la société civile qui milite contre la corruption.

________

Par Baudelaire Mieu, à Abidjan
 

Déjà 150 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici