Fermer

Frégate retenue au Ghana : l’Argentine saisit l’ONU

La frégate argentine retenue au port de Tema, près d'Accra, le 9 octobre 2012. © AFP

L’Argentine a décidé, lundi 22 octobre, de contester devant les Nations unies la décision du Ghana de saisir sa frégate Libertad, retenue au port de Tema, à la demande du fonds spéculatif NML.

Le différend entre le Ghana et l’Argentine, concernant le navire école argentin retenu depuis le 2 octobre au port de Tema, s’invite sur la scène internationale. L’Argentine a décidé de porter devant l’affaire l’ONU, estimant qu’elle met en cause la politique de désendettement et de réaffirmation de sa souveraineté suivie depuis près de dix ans par le pays.

La frégate Libertad a été saisie à la demande du fonds spéculatif NML, qui réclame plus de 370 millions de dollars (283 M EUR). « Tant que je serai présidente, ils pourront nous ravir notre frégate, mais aucun fonds vautour ne pourra nous prendre notre liberté, notre souveraineté, notre dignité », a déclaré lundi 22 octobre au soir la présidente argentine Cristina Kirchner.

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, s’est engagé dans la journée à « recourir aux bons offices de son bureau pour parler au gouvernement du Ghana et échanger des opinions sur les moyens de régler ce conflit », a déclaré à New York le chef de la diplomatie argentine Hector Timerman. Le président en exercice du Conseil de sécurité, l’ambassadeur du Guatemala Gert Rosenthal, a expliqué que « cette affaire ne menaçait pas la paix internationale », tout en rappelant que « le droit de la mer protège les navires militaires des gouvernements membres, leur donnant un statut diplomatique ».

Décision de justice

Selon l’Argentine, la décision du Ghana de retenir le navire viole les traités internationaux, alors que pour Accra il s’agit d’une décision de la justice, qui est indépendante, et invite l’Argentine à la respecter.

Si Bueno Aires prend l’affaire au sérieux c’est aussi parce que l’affaire pourrait avoir de graves conséquences sur un pays qui s’était déclarée le 23 décembre 2001 en défaut de paiement. Pour l’expert Rosendo Fraga, de l’Institut nouvelle majorité, « si les fonds vautours [qui rachètent de la dette émise par un État et affectée d’une forte décote, puis entament ensuite des démarches judiciaires pour obtenir son remboursement intégral] parvenaient à leurs fins avec la frégate, ils pourraient ensuite viser ailleurs d’autres biens de l’État argentin ».

Buenos Aires avait obtenu en 2005 que 76,15% des porteurs de titres acceptent son offre d’échange, avec une perte pour eux se situant entre 44 et 75% selon les titres. Une nouvelle offre avait permis au pays de solder 93% de sa dette, mais l’Argentine a toujours juré qu’elle ne céderait pas aux créanciers « récalcitrants ».

L’Argentine avait soldé 90% de sa dette à la suite de deux accords en 2005 et 2010, permettant aux créanciers de récupérer environ 30% de leurs biens. Certains d’entre eux, dont le fonds NML, ont pourtant décidé de poursuivre le gouvernement argentin.

(Avec AFP)
 

Déjà 150 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici