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Face à l’absence de Ould Abdelaziz, l’opposition mauritanienne demande une transition

Ahmed Ould Daddah, chef de file de l'opposition mauritanienne. © AFP

La Coordination de l’opposition démocratique (COD, dix partis) a décidé de se faire entendre. Le 1er novembre elle a tenu son premier meeting, depuis que le président Mohamed Ould Abdelaziz a été victime d’un tir "par erreur", le 13 octobre. La COD, qui réclame le départ du chef de l’État depuis le début de l’année dernière, a dénoncé le vide politique à la tête du pays et appelé à une transition démocratique.

Alors qu’elle avait annoncé suspendre toutes ses « activités contestataires » en l’absence du président, l’opposition mauritanienne est finalement revenue sur sa promesse. Dans la soirée du 1er novembre, la Coordination de l’opposition démocratique (COD) a tenu son premier meeting depuis que Mohamed Ould Abdelaziz a été blessé par balle « par erreur » à l’abdomen le 13 octobre, par un jeune lieutenant de l’armée de l’air.

Ahmed Ould Daddah, chef de file de l’opposition, Jemil Ould Mansour, leader de la formation « à référentiel islamique » Tawassoul et bien sûr, l’ex-président de la transition, Ely Ould Mohamed Vall, étaient présents à la tribune officielle, dressée dans le centre-ville de la capitale Nouakchott.

Face à des milliers de militants, le président de la COD Saleh Ould Hanane a répété ce qu’il avait déjà fait savoir par communiqué. « Face à la confusion totale sur la direction du pays, l’opposition se pose des questions, a-t-il lancé au micro. Nous appelons à l’ouverture d’une période de transition réelle qui conduirait à une véritable démocratie. » Tout en tendant la main à l’ensemble des partis, il a aussi mis en garde contre l’ingérence des militaires dans les affaires du pays.

"Invraisemblable"

Enfin, il a de nouveau dénoncé un vide politique à la tête de la Mauritanie et exigé une enquête indépendante sur les circonstances de l’accident, ainsi que la publication quotidienne d’un bulletin de santé de Mohamed Ould Abdelaziz. « Le peuple a le droit de savoir », réagit Mohamed Ould Abdellah Ould Haybelty, secrétaire permanent du Rassemblement des Forces Démocratiques (RFD), qui juge la version officielle de l’accident « invraisemblable. »

À Nouakchott, une question est sur toutes les lèvres : le président est-il en mesure d’assumer ses fonctions ? « La situation est très compliquée, on ne nous dit rien, confie un journaliste mauritanien. La communication chaotique autour de son état de santé ne nous rassure pas. Alors que son parti lui prépare un accueil en grande pompe, pourquoi n’est-il toujours pas revenu ? Pourquoi n’a-t-il pas parlé à la radio ou à la télévision lors de la fête de l’Aïd

Du côté des proches d’ « Aziz », toujours à Paris depuis son évacuation vers la France dans la matinée du 14 octobre, on se veut rassurant. « La fin de sa convalescence est proche, confie l’un d’eux. Il va beaucoup mieux qu’avant et continue de gérer le pays à distance. » Ceci dit, aucune date de retour à Nouakchott n’est encore arrêtée. Le prochain meeting de la COD est prévu le 15 novembre.

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Justine Spiegel (@JustineSpiegel)

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