Barack Obama réélu pour un deuxième mandat de quatre ans

Barack Obama aura toujours du mal à faire passer ses réformes devant un Congrès républicain. © AFP

Selon les résultats provisoires de l'élection présidentielle américaine, qui s'est déroulée mardi 6 novembre, le président démocrate sortant, Barack Obama, est assuré d'être réélu. Il a déjà emporté les mandats de 303 grands électeurs, soit 33 de plus que nécessaire.

Mis à jour à 08h38.

Pour ceux qui l’admirent dans le monde entier, c’est un grand « ouf » de soulagement. Barack Obama est désormais assuré de continuer à écrire l’histoire au cours des prochaines années. Mardi 6 novembre, les électeurs américains ont en effet confié au premier président noir des États-Unis un deuxième mandat consécutif de quatre ans pour qu’il continue à transformer l’Amérique dans un sens plus égalitaire.

Face à lui, le républicain Mitt Romney n’a pas réussi à convaincre la majorité des électeurs de rejeter une politique que son camp assimile à la social-démocratie européenne. À 51 ans, et malgré un bilan économique en demi-teinte, le démocrate remporte une élection historique en enlevant suffisamment d’États-clés dans une course ultra-serrée.

Obama en 10 dates-clés

– 4 août 1961 : Barack Hussein Obama naît à Honolulu. Sa mère est une étudiante américaine en anthropologie, blanche, et son père un économiste kényan, boursier. Après le départ de son père, il est élevé entre les États-Unis et l’Indonésie par sa mère et ses grands-parents installés à Hawaï.

– 1991 : après avoir étudié à l’université de Colombia, Obama obtient son diplôme de droit à Harvard. Il devient avocat spécialisé en droits de l’homme à Chicago, où il s’engage dans le travail social

– 1992 : mariage avec Michelle Robinson, brillante juriste originaire de Chicago.

– 1996 : début de sa carrière politique. Il est élu au Sénat de l’Illinois, et devient le cinquième Africain américain à siéger à la chambre haute du Congrès. En 2004, il sera élu au Sénat des États-Unis.

– 4 novembre 2008 : il est le premier Noir élu président des États-Unis, avec 9,5 millions de voix d’avance sur le républicain John McCain. Il obtient 365 grands électeurs et 52,9% des voix, contre 173 grands électeurs et 45,6% des voix à son adversaire.

– 11 juillet 2009 : au cours du seul voyage de son mandat sur le continent, Obama prononce son discours d’Accra devant le Parlement ghanéen.

– 9 octobre 2009 : il obtient le prix Nobel de la paix pour « ses efforts extraordinaires en faveur du renforcement de la diplomatie internationale et de la coopération entre les peuples »

– 23 mars 2010 : il promulgue la loi sur l’assurance-maladie, surnommée ObamaCare, la plus importante réforme menée aux États-Unis depuis quelque cinquante ans, qui doit permettre à 32 millions d’Américains de bénéficier d’une couverture santé.

– 2 mai 2011 : des commandos américains tuent sur ordre du président le chef d’Al-Qaïda, Oussama Ben Laden, au Pakistan, mettant fin à près de dix ans de traque.

– 7 novembre 2012 : Obama est réélu président des États-Unis.

Barack Obama a notamment enlevé les États-clés de la Virginie (13 grands électeurs), du Nevada (6) – qu’ils avait déjà gagnés en 2008 – et du Colorado (9). Totalisant 303 grands électeurs sur 538, soit 33 de plus que le seuil des 270 dont il avait besoin pour rester le locataire de la Maison Blanche, le président sortant est ainsi assuré d’être réélu.

Selon les derniers comptes, Romney n’en avait que 203, n’empochant que la Caroline du Nord parmi les États considérés comme disputés. D’après les médias américains, Obama a jusqu’à présent remporté 25 États plus le District de Columbia, sur 48 États. Les deux rivaux devront encore se départager en Floride (29 grands électeurs) et en Alaska (3).

Quête du "Graal"

Seul le décompte final permettra de dire si la victoire de Barack Obama est solide ou étriquée. Elle sera toutefois plus étroite qu’en 2008. Quoi qu’il en soit, elle reste historique à plus d’un titre car jamais depuis les années 1930, un président des États-Unis n’avait été réélu avec un taux de chômage supérieur à 7,2%. Et un seul démocrate, Bill Clinton, a enchaîné deux mandats pleins à la tête du pays depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Obama a remporté plusieurs États âprement disputés dont le New Hampshire (nord-est), la Pennsylvanie (est), le Michigan (nord) et le Wisconsin (nord), et surtout l’Ohio (nord), le « Graal », selon les estimations des télévisions américaines, autant d’États que le républicain espérait enlever. Romney a cependant gagné des États qui avaient été remportés il y a quatre ans par le démocrate, dont la Caroline du Nord (sud-est) et l’Indiana (centre). Après autant d’incertitude, la victoire du démocrate a été accueillie par une immense clameur au quartier général de la soirée de campagne d’Obama, au palais des congrès « McCormick Place » de Chicago où étaient réunies des milliers de personnes.

Le président a quant à lui passé la soirée dans sa maison familiale du sud de Chicago avec ses proches avant de se rendre dans un grand hôtel de la ville pour regarder les résultats. Puis, il a prononcé un discours enflammé de 25 minutes à son QG du Palais des Congrès « McCormick Place » de Chicago. « Nous savons dans nos cœurs que pour les États-Unis d’Amérique, le meilleur est encore à venir. (…) En dépit de toutes nos différences, la plupart d’entre nous partagent des espoirs pour l’avenir de l’Amérique », a-t-il lancé devant des milliers de partisans en liesse qui l’avaient accueilli par de bruyants « Four more years ! » (Quatre ans de plus). « C’est là que nous devons aller. En avant ! », a conclu Obama, reprenant l’un de ses célèbres slogans de campagne.

À l’inverse, dans le quartier général de Mitt Romney, à Boston, c’est un silence de plomb qui est tombé sur l’assistance. L’ancien entrepreneur de capital-risque multimillionnaire de 65 ans avait centré sa campagne sur la critique du bilan économique du président, alors qu’Obama s’était quant à lui posé en défenseur de la classe moyenne. Grave et digne avec un mince sourire de circonstance, Mitt Romney a confié à ses partisans avoir « appelé le président (Barack) Obama pour le féliciter de sa victoire ».

Marge de manoeuvre réduite

Après un an et demi de campagne acharnée, des milliards de dollars dépensés, des dizaines de milliers de kilomètres parcourus et de mains serrées, un nouveau chapitre des États-Unis peut enfin s’ouvrir. Mais même avec la légitimité de sa réélection, Obama aura bien du mal à continuer de faire passer ses réformes face au puissant Congrès, où l’on s’acheminait vers un statu quo mardi soir.

Les républicains ont réussi à conserver le contrôle de la Chambre des représentants, entièrement renouvelée, tandis que les démocrates paraissaient en mesure de conserver le contrôle du Sénat après avoir remporté plusieurs sièges emblématiques, dont l’ancien de Ted Kennedy au Massachusetts.

Mardi, les électeurs se prononçaient également sur plus de 170 référendums locaux. En Californie, les électeurs devaient décider s’ils voulaient, pour la première fois aux États-Unis, imposer l’étiquetage de produits OGM, tandis que la légalisation du cannabis, même à des fins récréatives, était en jeu dans l’Oregon, le Colorado et l’Etat de Washington.

(Avec AFP)