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Veuves de présidents africains : des destins hors normes

Par Jeune Afrique

Une du J.A. n° 2705. © J.A.

Dans son n° 2705, Jeune Afrique enquête sur les veuves de présidents africains, de l'ex-femme de Thomas Sankara (Burkina Faso) à celle de Mobutu Sese Seko (RDC), en passant par celle de Ahmadou Ahidjo (Cameroun) ou de Moktar Ould Daddah (Mauritanie)... Entre autres.

Quand elle a su que nous souhaitions la rencontrer, Andrée Kourouma Touré, 85 ans, nous a rappelé du portable de sa gouvernante. Puis un jeu de piste s’est engagé dans les rues de Rabat. Sur ses indications, un taxi nous a d’abord conduits dans le très chic quartier des ambassades, puis au centre commercial Soussi, d’où nous avons fait le reste du chemin à pied.

Méfiantes, les anciennes premières dames ne se laissent pas facilement approcher. Mais plusieurs d’entre elles ont accepté de se confier à Jeune Afrique, expliquant comment on vit ou survit après avoir côtoyé les cercles du pouvoir, mettant en avant leurs « reconversions », et dévoilant aussi leurs aspirations à se fondre dans l’anonymat.

Revers de fortune

Ainsi, trente-trois ans après le décès de son époux, rencontré alors qu’elle n’en avait que seize, Maria Eugénia Neto vit toujours à Luanda, loin de son Portugal natal. Amies du vivant de leurs conjoints, Mariem Ould Daddah (Mauritanie) et Germaine Ahidjo (Cameroun), ont quant à elle conservé des liens très forts. Mariem a obtenu la réhabilitation de la mémoire de son époux, le président Moktar Ould Daddah. À 82 ans, Germaine Ahidjo n’a pas eu la même chance, et se préoccupe plus de sa santé, toute à sa joie d’être devenue arrière-grand-mère.

Qu’en est-il de Marie-Thérèse Houphouët-Boigny ? On lui prête des revers de fortune, attribués à son goût immodéré pour les jeux de hasard. Et l’ex-impératrice Catherine Bokassa ? Raffinée, élégante et toujours belle, elle reste nostalgique de l’époque de son mari, « un grand homme, qui faisait marcher son pays ».

La veuve de Mobutu Sese Seko, Mama Bobi Ladawa rêve de son côté du jour où elle pourra retourner en RDC et s’adonner à l’agriculture dans sa ferme de Goloma, dans le nord du pays. Quant à Mama Sifa Mahanya Kabila, ex-femme de Laurent Désiré Kabila, elle aurait selon certains le pouvoir d’agir dans l’ombre pour résoudre les problèmes des uns et des autres.

Projecteurs

Les cas de ces anciennes femmes de présidents africains se suivent et ne se ressemblent pas. Médecin spécialiste en parasitologie et Sida, la Nigérienne Clémence Aïssa Baré se présente aujourd’hui comme « une femme active, partagée entre d’intenses occupations professionnelles, familiales et sociales ».

Fervente catholique la Rwandaise Agathe Habyarimana assiste à la messe tous les jours, dans la paisible banlieue de Paris où elle vit avec ses enfants. Quant à Mariam Sankara, son seul réconfort est de réaliser que le temps n’a pas effacé le souvenir de son mari de la mémoire des Africains. Un destin très différent de celui de la Gabonaise Patience Dabany qui, vie d’artiste oblige, s’est bien installée sous les projecteurs. Elle annonce même la sortie d’un album entièrement composé par… son président de fils, Ali Bongo Ondimba.

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Pour en savoir plus sur la vie de ces veuves de présidents africains, lisez Jeune Afrique n°2705, en vente du 11 au 17 novembre 2012.

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