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Dernier jour de campagne en Sierra Leone avant les élections générales du 17 novembre

Des affiches électorales à Freetown, le 14 novembre 2012. © AFP

Des dizaines de milliers de partisans de l'opposition se sont rassemblés jeudi 15 novembre à Freetown pour un dernier meeting de campagne avant les élections générales. Organisé samedi 17 novembre, ce scrutin est considéré comme crucial pour consolider la démocratie dix ans après la guerre civile en Sierra Leone.

Vêtus aux couleurs verte et blanche du parti, les militants et sympathisants du Parti du peuple Sierra Leone (SLPP), le principal parti d’opposition, ont bruyamment et calmement défilé dans les rues de Freetown pour rejoindre un stade de la ville, où se tenait le meeting en fin d’après-midi.

Plus de 50 000 personnes se sont rassemblées dans l’enceinte sportive pour écouter le discours de Julius Maada Bio. Principal adversaire du président Ernest Koroma, il a déclaré que son parti n’accepterait pas une autre « élection sale » en Sierra Leone.

Les deux principaux candidats à la présidentielle – couplée à des élections législatives, régionales et municipales – sont le chef de l’État sortant, Ernest Koroma, et le leader du SLPP, Julius Maada Bio, ancien général qui a brièvement dirigé une junte militaire en 1996 avant de rendre le pouvoir aux civils.

Élu en 2007, Ernest Koroma se présente pour un deuxième et dernier mandat de cinq ans. Il est donné favori face à Julius Maada Bio, qui a toutefois réussi à rallier le soutien d’une grande partie de jeunes frappés par le chômage. Selon les observateurs, Maada BIo pourrait contraindre Koroma à un second tour et créer la surprise.

Guerre civile

Le président sortant a su attirer de nombreux investisseurs pour reconstruire les infrastructures de base (routes et réseau électrique) détruites pendant la guerre civile. Ce conflit, qui a fait quelque 120 000 morts de 1991 à 2002, a été l’un des plus sanglants de l’histoire contemporaine en Afrique.

Des progès pas suffisants selon les opposants d’Ernest Koroma. « La majorité du peuple souffre dans ce pays », affirme l’un d’eux, Mohamed Jango, 43 ans, qui travaille dans un agence de publicité. « Tout le monde ne va pas profiter des routes (…) tout le monde n’a pas de véhicule », dit-il. Un autre, Ibrahima Ba, juge les améliorations apportées par le régime Koroma « cosmétiques ». « Avoir à manger juste pour un jour est diffcile », dit-il.

Pays aux ressources naturelles considérables – diamants, bauxite, or, minerai de fer et pétrole sur le point d’être exploité – la Sierra Leone a une économie fragile et les revenus de ses richesses sont mal répartis. Le taux de chômage chez les jeunes, majoritaires au sein d’une population de près 6 millions de personnes, varie de 60% à 65%. Le taux de mortalité maternelle et infantile reste l’un des plus élevés au monde et l’espérance de vie est de seulement 47 ans.

(Avec AFP)

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