Heurts devant le siège de l’UGTT entre syndicalistes et islamistes tunisiens

L'UGTT a négocié avec le gouvernement la fin de la contestation à Siliana. © AFP

Des heurts ont éclaté, mardi 4 décembre, devant le siège de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT - principal syndicat tunisien) à Tunis, en marge de la commémoration du 60e anniversaire de l’assassinat du leader syndicaliste Farhat Hached. Militants syndicalistes et membre de la Ligue de protection de la révolution, une organisation proche des islamistes d’Ennahdha, s'accusent d'en être à l'origine.

Des heurts ont éclaté, mardi 4 décembre, devant le siège de l’Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT-principal syndicat tunisien) à Tunis, en marge de la commémoration du 60e anniversaire de l’assassinat du leader syndicaliste Farhat Hached. La centrale historique venait de négocier avec le gouvernement la fin de la contestation à Siliana.

Les membres de l’UGTT affirment avoir été pris à partie par des militants de la Ligue de protection de la révolution, une organisation proche des islamistes d’Ennahdha, qu’ils accusent d’avoir attaqué le siège du syndicat. « Nous étions à la Kasbah pour signer deux conventions avec le gouvernement en rapport avec le secteur public et privé (des augmentation de salaires, NDLR) et dès que nous sommes arrivés au siège de l’UGTT, nous avons été surpris par des membres du comité de protection de la révolution qui appartiennent, dans leur majorité, à un parti politique connu et qui criaient "dégage" et appelaient à l’assainissement de l’UGTT », a déclaré sur Mosaïque Fm, Hfaiedh Hfaiedh, secrétaire général adjoint chargé de la fonction publique au sein de l’organisation, qui assure avoir été blessé pendant les heurts. Selon l’UGTT, au total, dix de leurs membres ont été blessés.

"Double discours"

« Nous constatons qu’il y a réellement un double discours entre ce que nous avons vécu au siège du gouvernement et ce qu’on a vu devant le siège de l’UGTT. Nous considérons ces actes comme violents et semant le chaos et ceux qui sont derrière doivent assumer leur responsabilité […] Nous considérons cela comme un véritable crime contre tous les syndicalistes », a conclu Hfaiedh Hfaiedh.

De son côté, s’exprimant également sur Mosaïque Fm, Néjib Gharbi, chargé de l’information du mouvement Ennahdha, affirme que des membres de l’UGTT sont à l’origine des heurts. Selon lui, des accrochages ont éclaté entre ces derniers et des personnes venus rendre hommage à Farhat Hached. C’est à ce moment que des partisans du parti au pouvoir se seraient « interposés pour calmer la situation et ont été attaqués » par des membres de l’UGTT.

D’origine encore floue, ces heurts risquent de laisser des traces : « La porte des affrontements est à présent ouverte, et c’est eux qui l’ont voulu ! Personne n’est capable de tuer Farhat Hached une seconde fois et personne n’est capable d’arrêter l’UGTT ! » a déclaré Houcine Abassi, secrétaire général de l’UGTT.

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Par Vincent Duhem (@vincentduhem)