Vivement les vacances

Plonger avec un requin baleine ? A Djibouti, c'est possible, et sans danger. ©

Séduits par la beauté des paysages et des fonds marins, les visiteurs affluent. Problème : les infrastructures et la qualité de l'offre restent à développer.

Reconnu internationalement pour son port en eau profonde et ses bases militaires, Djibouti cherche désormais à mettre en avant la beauté de ses paysages et de ses fonds marins pour se faire un nom dans le tourisme. Le secteur ne pèse encore que 2 % du PIB mais, dans un contexte régional bouleversé par le Printemps arabe, la destination voit ses chiffres de fréquentation annuelle croître chaque année : elle a accueilli 56 500 visiteurs en 2011 et, selon l’Office national de tourisme de Djibouti (ONTD), ce chiffre aura passé la barre des 60 000 en 2012. Le moment n’a jamais été aussi propice pour Djibouti, qui dispose d’une desserte aérienne satisfaisante depuis les arrivées conjuguées, en 2012, de Turkish Airlines et de Flydubai, la compagnie low cost d’Emirates, en plus des liaisons d’Air France et d’Ethiopian Airlines. « C’est un véritable succès », se félicite Kayhan Bilgili, directeur de Turkish Airlines à Djibouti, qui apprécie « le dynamisme actuel d’un marché limité mais à très fort potentiel grâce à sa proximité avec la péninsule Arabique ». Son objectif : passer de quatre à sept vols par semaine dès septembre 2013.

« À travers les hubs de Dubaï et d’Istanbul, nous sommes connectés au monde entier à des tarifs très concurrentiels », assure Mohamed Abdillahi Waïss, directeur général de l’ONTD, qui se réjouit que les trois connexions hebdomadaires de Flydubai aient permis de « doper les chiffres de la clientèle d’affaires ».

La construction d’établissements de standing, à commencer par l’hôtel Kempinski, inauguré en 2006, et son concurrent Les Acacias, qui devrait passer sous l’enseigne Four Seasons avant la fin de l’année, contribue dans le même temps à étoffer une offre hôtelière qui n’a longtemps pu compter que sur le Sheraton, lui-même en rénovation. « Avec un taux d’occupation de 96 % en moyenne, il y a urgence à développer de nouvelles infrastructures d’accueil si nous voulons voir le tourisme décoller », insiste le patron de l’ONTD.

Luxueux

Mohamed Abdillahi Waïss espère que l’ambition affichée ces derniers temps par le gouvernement, qui a placé le secteur au rang des priorités économiques du pays, l’aidera à attirer les investissements nécessaires, notamment auprès des secteurs privés éthiopien et arabe. Djibouti est déjà en discussion avancée avec des opérateurs mauriciens ainsi qu’avec un entrepreneur d’Addis-Abeba désireux d’implanter en 2014 un lodge luxueux dans la région d’Obock, dans le nord du pays. En plus de la capitale, les pouvoirs publics souhaitent mettre en avant cette région à fort potentiel qui pourrait, dans un avenir plus ou moins proche, disposer d’un aéroport et d’un quai de croisière. La côte doit prochainement être cartographiée pour aider les investisseurs à identifier les endroits les plus appropriés. Djibouti veut également développer l’activité croisière en profitant de la réhabilitation du port historique de la ville en centre d’affaires. « L’accord de principe pour transformer les quais existants en terminal à croisières est acquis, mais aucun résultat ne se fera sentir avant 2016 », estime Waïss.

L’objectif reste d’attirer « 300 000 visiteurs à l’horizon 2020 », selon le directeur de l’ONTD. Sa cible principale ? Le marché français, qui contribue chaque année à près de 50 % de la fréquentation, loin devant Dubaï. La part des touristes venus de cet émirat est passée en quelques années de 5 % à 17 %.