RDC : le signal de Radio Okapi rétabli à la suite d’un compromis avec le CSAC

Capture d'écran du site Internet de Radio Okapi. © J.A.

Après quatre jours de suspension, le signal de Radio Okapi a été rétabli mardi 4 décembre sur l’ensemble du territoire congolais. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) exigeait de la radio onusienne qu’elle dépose son cahier des charges. La requête est certes restée certes lettre morte, mais un compromis a finalement été trouvé entre les deux parties.

Radio Okapi émet de nouveau en République démocratique du Congo. Sa suspension de quatre jours (brouillage du signal) pour des « raisons administratives » avait privé des millions d’auditeurs congolais d’informations sur l’évolution de la situation dans l’est du pays. La radio onusienne est la seule à couvrir l’ensemble du territoire national congolais.

Officiellement, le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) reprochait à Radio Okapi de ne pas se conformer aux lois congolaises. Depuis le mois de juin dernier, l’organe de régulation des médias en RDC demande aux responsables de la radio des Nations unies au Congo de « déposer son cahier des charges ». La Monusco, de son côté, a toujours réservée une fin de non recevoir à cette requête, estimant bénéficier des « privilèges et immunités » dans le cadre de sa mission de stabilisation de la RDC.

Premiers avertissements

La tension entre le CSAC et Radio Okapi est alors montée d’un cran, le 29 novembre, après la diffusion  par la chaîne onusienne d’une interview de Jean-Marie Runiga, chef politique de la rébellion du M23. Le CSAC la met en garde, avec la RFI, accusée elle aussi de diffuser de manière récurrente, après la chute de Goma, les « interviews [des responsables] d’une force négative, reconnue comme telle par la Conférence des chefs d’État de l’Union africaine ».

Quatre huit heures après la mise en garde, la suspension tombe. « Nous leur avons demandé de ne pas accorder la parole aux rebelles du M23 qui sont considérés comme des terroristes. Mais là n’est pas la question, s’empresse de préciser Jean Bosco Bahala, le président du CSAC, interrogé par RFI. Pour nous, le problème est d’abord administratif. S’ils [les responsables de radio Okapi] amènent leur cahier des charges, nous allons rouvrir la radio »,

"Accord de siège" = "cahier des charges"

À la Monusco, le discours reste le même. « L’accord de siège permet à la mission des Nations au Congo d’avoir une radio pour promouvoir ses activités en RDC », souligne son porte-parole, Madnodje Mounoubai. Une position défendue par Didier Reynders, ministre belge des Affaires étrangères : « La radio Okapi joue un rôle important dans la diffusion d’informations neutres et utiles pour les populations locales. C’est d’ailleurs en raison de ce rôle essentiel en faveur de la paix et de la promotion des droits de l’homme que la Belgique soutient ses activités ».

Reporters sans frontières (RSF) et Journaliste en danger (JED) entrent en jeu pour dénoncer la décision du CSAC. Les deux ONG de défense des droits des journalistes appellent le régulateur des médias congolais à retirer sa sanction « sans aucune autre décision préalable ».

Pour calmer le jeu, Lambert Mende a convoqué les deux parties, mercredi 5 décembre. « Les discussions se sont déroulées dans une ambiance conviviale et un compromis a été trouvé », affirme le ministre congolais en charge des médias. Le CSAC a finalement reconnu que l’accord de siège de la mission des Nations unies au Congo « fait office de cahier des charges » pour la radio Okapi. Et cette dernière s’est engagée à déposer « par voie diplomatique » sa grille des programmes.

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Par Trésor Kibangula (@Tresor_k)

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