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Cameroun – Homosexualité : la peine de Roger Mbédé confirmée en appel

Roger Mbédé (à.g) et ses avocats. © DR

Accusé du délit d'homosexualité, Roger Mbédé a vu sa condamnation à trois ans de prison ferme confirmée, lundi 17 décembre, par la Cour d’appel de la chambre correctionnelle de Yaoundé.  

La cour d’appel de la chambre correctionnelle de Yaoundé a confirmé, lundi 17 décembre, la condamnation du Camerounais Roger Mbédé, 32 ans, à trois ans de prison ferme pour homosexualité.

« Cette condamnation est scandaleuse. Les conditions du délit d’homosexualité ne sont pas réalisées, comme le soutenait d’ailleurs le procureur », réagit Me Saskia Ditisheim, avocate au barreau de Genève et présidente de la branche suisse d’Avocats Sans Frontières.

L’avocate ajoute que la décision de la cour d’appel n’est « pas conforme au droit mais conforme soit à l’ignorance de la loi soit à l’homophobie des juges. Nous allons bien évidemment saisir la Cour suprême d’un recours. »

Selon elle, « il est temps que le président Paul Biya sorte de sa torpeur et fasse régner un semblant d’état de droit dans son pays. Il n’est pas admissible que pour toute réponse, suite aux graves menaces proférées à l’encontre de Me Michel Togué et sa famille, la police lui conseille d’arrêter de défendre des personnes poursuivies pour le délit d’homosexualité. » Les avocats Michel Togué et Alice Nkom, engagés dans la défense des droits des gays dans leur pays, sont régulièrement la cible d’attaques virulentes.

Appel devant la Cour suprême

« Ce n’est pas seulement une tragédie pour Roger. C’est une honte pour le système judiciaire camerounais », réagit Michel Togué, un des avocats de Mbédé, qui a assuré vouloir faire appel de la décision devant la Cour suprême. « La loi criminalisant le comportement homosexuel a été utilisée ici simplement pour persécuter un innocent. »

Me Saskia Ditisheim estime qu’il « est temps que le président honore ses engagements face aux gouvernements de certains pays, et pas les moindres, à qui il a promis un moratoire pour le délit d’homosexualité. »

En première instance, Roger Mbédé avait été condamné pour délit d’homosexualité sur la personne de Christophe Foendi, à qui il avait déclaré sa flamme dans trois SMS. Dénoncé par le destinataire des missives, il avait été arrêté chez ce dernier, alors qu’ils discutaient tous les deux, habillés, dans le salon.

 

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