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La CEEAC stoppe l’avancée des rebelles et demande l’ouverture de négociations à Libreville

François Bozizé, président de la république centrafricaine. © AFP

Les chefs d’Etat d’Afrique centrale, réunis en somment à N’Djaména (Tchad), vendredi 21 décembre, appellent à un dialogue entre le gouvernement centrafricain, l’opposition et les rebelles, à Libreville, « sans délai ».

François Bozizé est reparti de N’Djaména vendredi un peu plus rassuré qu’il n’était arrivé la veille. Et pourtant la partie n’est pas gagnée. Certes, la colonne de l’armée tchadienne accourue avait déjà stoppé l’avancée des rebelles, mais ces derniers n’entendaient pas du tout rendre les armes. Ils ont accepté d’accorder un répit pour laisser les chefs d’Etat se concerter, lors du sommet extraordinaire de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC).

Pendant le huis clos, le chef de l’État centrafricain a fait un exposé inquiétant sur la situation de son pays, avant d’appeler à l’aide. Analyse du président tchadien, Idriss Déby Itno : « La reprise de la violence en Centrafrique vient du fait que les accords signés à Libreville n’ont pas fonctionné. Il faut revoir les mécanismes pour les faire marcher à nouveau. »

Dont acte. Le Congolais Denis Sassou Nguesso et le Gabonais Ali Bongo Ondimba héritent du dossier et sont donc chargés de regrouper «sans délai » les protagonistes à Libreville.

Dans un communiqué, les chefs d’État de la CEEAC ont appelé la coalition de mouvements rebelles Séléka et le gouvernement à se rendre dans la capitale gabonaise afin de revisiter les précédents accords de paix de 2008 et 2010.

En attendant, ils demandent la « cessation immédiate des hostilités » et ont appelé à la constitution « de toute urgence d’une force d’interposition de la Mission de consolidation de la paix en Centrafrique (Micopax) ». Elle rejoindra la colonne tchadienne postée à Sibut, au centre du pays.

Un danger sous-estimé

Selon plusieurs diplomates présents à N’Djaména, les discussions de Libreville risquent vite de tourner court. « Le véritable problème, c’est qu’il faut mettre en œuvre les accords qui seront signés. Or, mettre en œuvre, c’est avoir des moyens et Bozizé n’en a pas », glisse un ministre impliqué dans la gestion du dossier centrafricain.

Les capacités des forces coalisées de Séléka ont par ailleurs probablement été sous-estimées. « Il y a quelques semaines, Bozizé ne voyaient pas encore l’ampleur du danger », confie un diplomate tchadien. Qui ajoute que Idriss Déby Itno avait déjà recommandé, il y a quelques mois, d’ouvrir les discussions l’opposition pour faire baisser la tension.

Des rebelles en position de force

Le Séléka, coalition rebelle centrafricaine qui a pris plusieurs villes du nord et du centre de la Centrafrique, a affirmé ne pas se retirer de ses positions tant qu’il n’obtiendrait pas un « dialogue sincère » avec Bangui.

Le Séléka a été créé en août par des factions dissidentes qui remettent en cause les accords de paix signés par l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UDFR, 2007) et la Convention des Patriotes pour la justice et la paix (CPJP, 2012), dernière grande rébellion active en Centrafrique.

L’accord global de paix, conclu en 2008 à Libreville par la plupart des mouvements de rebelles (à l’exception de la CPJP), prévoyait la démobilisation, le désarmement et la réinsertion des combattants.

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