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Algérie : les sites pétroliers et gaziers sont-ils bien protégés ?

Des puits de pétrole à Hassi Messaoud, dans le sud de l'Algérie. © AFP

La spectaculaire prise d’otages à In Amenas soulève la question de la sécurisation des sites pétroliers et gaziers en Algérie. Gérés par des sociétés privées, parfois assistées par les forces de l’ordre algériennes, les dispositifs de sécurité ne sont pas infaillibles.

Jeudi 17 janvier, un otage algérien, tout juste libéré du site gazier d’In Amenas, s’exprime sur Al-Jazeera. Ses critiques sont vives. « La base de vie n’était pas suffisamment protégée et le dispositif sécuritaire déficient », déplore-t-il, ajoutant que les gendarmes n’avaient pas assuré comme il faut leur mission.

La veille, aux alentours de cinq heures du matin, un commando jihadiste a attaqué la zone. Les assaillants, dont le nombre exact est encore indéterminé, sont arrivés à bord de véhicules banalisés. Une partie d’entre eux a d’abord ciblé un convoi d’employés, escorté par quatre voitures de la gendarmerie algérienne, qui roulait en direction de l’aéroport d’In Amenas. Un Algérien et un Britannique sont tués par les tirs des islamistes radicaux. Peu après, une deuxième équipe terroriste partait à l’assaut du site gazier. Le dispositif de sécurité, assuré par la société britannique Stirling Group et des gendarmes restés sur place, ne résistera pas longtemps.

Fusils à pompes

En Algérie, les exploitations pétrolières et gazières, essentiellement situées dans le sud du pays, sont la principale source de revenus de l’économie nationale. À elle seule, l’usine d’In Amenas, exploitée par le consortium Sonatrach-British Petroleum-Statoil, fournit 12% de la production de gaz algérienne. Ce genre de site a donc une importance stratégique primordiale. Face à la menace terroriste, particulièrement présente dans le Sahara ces dernières années, les usines et les bases d’employés sont, du moins théoriquement, hautement sécurisées. Leur défense est principalement assurée par des entreprises de sécurité privées locales et étrangères. Les sociétés algériennes sont souvent dirigées par des anciens gradés de l’Armée nationale populaire (ANP). Idem pour leur concurrentes étrangères, la plupart du temps administrées par des responsables sécuritaires reconvertis dans le secteur privé.

« Sur certains sites, le service de sécurité est parfois plus que limite, confie une source au sein d’une société européenne opérant en Algérie. Le recrutement est fait à la va-vite, les employés sont mal entraînés et surtout sous-équipés. » D’après elle, les agents de sécurité, dotés d’armes de poings et de fusils à pompe, ne peuvent pas grand-chose face à de potentiels agresseurs munis de fusils d’assaut.

Les vigiles sont chargés de surveiller en permanence les sites et les bases de vie abritant les employés. Ils contrôlent de près les personnes qui pénètrent dans leur zone de surveillance, patrouillent régulièrement et imposent des règles très contraignantes aux salariés (couvre-feu, circulation réduite….).  Ils sont parfois épaulés par des gendarmes ou des militaires. « En réalité, les brigades de gendarmerie sont surtout utilisées pour escorter les convois de salariés, comme ce qui s’est passé avant-hier », précise notre source. La présence de l’armée, elle, se résume parfois à des cercles concentriques autour des sites sensibles. Ces dernières heures, à la suite de la prise d’otages sur le site d’In Amenas, les autorités algériennes ont toutefois annoncé qu’elles avaient renforcé les mesures de sécurité autour des sites gaziers et pétroliers dans le sud du pays.

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Benjamin Roger (@benja_roger)

 

 

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