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Hallé Ousmane, maire de Tombouctou : « Des manuscrits ont été brûlés »

Les manuscrits anciens de la ville de Tombouctou. © AFP

Dans la nuit du dimanche 27 au lundi 28 janvier, les armées française et malienne ont lancé une offensive sur Tombouctou. Lundi matin, elles ont pris le contrôle total de la "Cité aux 333 saints" sans combattre, selon Reuters. Le maire de la ville, Hallé Ousmane, se réjouit de cette reconquête, tout en déplorant vivement l'incendie, provoqué par des islamistes en fuite, du centre Ahmed Baba qui abrite les célèbres manuscrits anciens de sa commune.

À l’issue d’une opération terrestre et aérienne menée dans la nuit de dimanche à lundi, des soldats français et maliens ont pris le contrôle des accès et de l’aéroport de Tombouctou lundi matin.

Cette offensive conjointe s’est déroulée avec un appui de patrouilles d’avions de chasse français. D’après le porte-parole de l’état-major des armées françaises, le colonel Thierry Burkhard, le groupement tactique interarmés (GTIA) 21, venant de l’axe Diabali-Néré-Goundam, a saisi l’aéroport. Au même moment, des parachutistes étaient largués pour bloquer d’éventuelles « exfiltrations ennemies », selon la même source.

Jeune Afrique a interrogé Hallé Ousmane, maire de Tombouctou. Réfugié à Bamako depuis la prise de la ville par les groupes islamistes armés, il y a neuf mois, il salue avec enthousiasme la reconquête de sa commune par les soldats français et maliens. Il se montre aussi très inquiet pour les manuscrits anciens de Tombouctou, dont une partie est partie en fumée dans l’incendie du centre Ahmed Baba.

Jeune Afrique : quelles sont les dernières informations dont vous disposez sur la reconquête de votre ville, Tombouctou ?

Hallé Ousmane : Il y a une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne c’est qu’hier soir les armées maliennes et françaises ont lancé leur offensive sur Tombouctou. À l’heure où je vous parle, elles contrôlent l’aéroport et les différents accès menant à la ville. C’est une très bonne chose, on ne peut que manifester notre joie. La mauvaise nouvelle, c’est que j’ai appris la destruction d’une partie de ma commune. La mairie, le centre Ahmed Baba, qui abrite les manuscrits anciens, et le domicile du député ont été brûlés. Un jeune a aussi été éxécuté parce qu’il avait fêté l’approche des soldats français et maliens.

Des manuscrits anciens ont-ils pu être sauvés des flammes ?

Je ne sais pas pour le moment. On m’a informé de l’incendie du centre Ahmed Baba, mais on ne sait pas exactement ce qui s’est passé et quelle est l’étendue des dégâts. Je redoute le pire pour nos manuscrits.

Les combattants islamistes sont-ils toujours retranchés dans la ville ?

Ils ne sont pas tous partis, certains sont encore là. Il y a sûrement des combats en cours. Tout ce que je sais, c’est que le domicile où résidait Abou Zeid, un des chefs d’Aqmi, a aussi été brûlé.

Allez-vous bientôt rentrer à Tombouctou ?

Je compte rentrer à la première occasion. Si je pouvais y aller aujourd’hui, je quitterais Bamako et je rentrerais à Tombouctou. Mais pour le moment, la situation ne le permet pas.

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Propos recueillis par Benjamin Roger (@benja_roger)

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