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Arche de Zoé : deux ans de prison ferme pour le couple Breteau-Lelouch

Émilie Lelouch (au centre) et Éric Breteau (à dr.). © AFP

Les présidents de l'association L'Arche de Zoé, Éric Breteau, et sa compagne Émilie Lelouch, ont été condamnés par la justice française à trois ans de prison, dont deux fermes. Le couple était jugé pour avoir tenté d'exfiltrer, en 2007, du Darfour vers la France, 103 enfants prétendument orphelins pour les placer dans des familles d'accueil.

À leur arrivée surprise au tribunal correctionnel de Paris, ils ont surpris par leurs éclats de rire. Le 12 février, Éric Breteau, le président de l’association humanitaire l’Arche de Zoé et sa compagne Émilie Lelouch ont chacun été condamnés à trois ans de prison, dont deux fermes, à 50 000 euros d’amende et à l’interdiction d’exercer leur profession. Le couple, décrit comme « manipulateur », ne retournera pas en Afrique du Sud, où il s’était installé, un mandat de dépôt ayant été émis à son encontre. L’Arche de Zoé, condamnée en tant que personne morale à 100 000 euros d’amende, va être dissoute. Le logisticien Alain Péligat et la journaliste Agnès Pelleran ont été condamnés à six mois de prison avec sursis. Le médecin Philippe van Winkelberg, et Christophe Letien, un membre de l’association resté en France, ont quant à eux écopé d’un an de prison avec sursis. La présidente du tribunal a suivi à la lettre les réquisitions de l’avocat général.

358 familles touchées

Absents lors des débats devant le tribunal correctionnel, du 3 au 12 décembre dernier, Breteau et Lelouche étaient poursuivis pour « escroquerie », « exercice illicite de l’activité d’intermédiaire pour l’adoption » et « aide à l’entrée ou au séjour de mineurs en situation irrégulière », au préjudice de 358 familles accueillantes. Une vingtaine de familles françaises s’étaient constituées partie civile. Le 25 octobre 2007, dix-sept Européens, dont neuf Français, étaient arrêtés à Abéché (est du Tchad), alors qu’ils s’apprêtaient à faire embarquer illégalement vers la France 103 enfants, présentés comme des orphelins du Darfour. En réalité, ils étaient pour la plupart Tchadiens et n’étaient pas orphelins. Le 26 décembre, les six Français de l’Arche de Zoé avaient été condamnés à N’Djamena à huit ans de prison assortis de travaux forcés et condamnés à verser « solidairement » aux familles des enfants 6,3 millions d’euros de dommages et intérêts. Après quelques semaines passées dans les geôles tchadiennes, coup de théâtre : le chef de l’État tchadien, Idriss Deby Itno, les graciait, provoquant la colère des familles des victimes. Le 31 janvier dernier, la cour d’appel d’Aix-en-Provence avait débouté l’État tchadien de sa demande de dommages et intérêts auprès de Philippe van Winkelberg, le médecin de l’Arche de Zoé.

 
 

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