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Tchad : le grand coup de balai d’Idriss Déby Itno dans la police

Idriss Déby Itno en dévrier 2008 à N'Djamena. © AFP

Les ministres tchadiens de la Sécurité publique et de l'Immigration, Ahmat Mahamat Bachir, et de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, Bachar Ali Souleyman, ont été limogés, jeudi 15 février, par le président Idriss Déby Itno après la découverte de graves irrégularités lors du contrôle des effectifs de la police. Un grand ménage qui intervient sur fond de situation sécuritaire tendue à cause de la guerre au Mali voisin.

(Mis à jour le 15 février à 9h30)

Idriss Déby Itno a lancé hier, le 15 février, une grande opération de nettoyage de la police tchadienne. En limogeant deux membres du gouvernement, officiers de haut-rangs au sein de la police nationale – Ahmat Mahamat Bachir et Bachar Ali Souleyman -, le chef de l’État a traduit en acte ce qu’il a annoncé quatre jours plus tôt lors d’une visite inopinée à la Commission de contrôle des effectifs de la police. « Travaillez sans état d’âme, pas de favoritisme, pas de clientélisme, pas de parents, amis ou alliés. Vous êtes face à votre conscience », avait lancé Idriss Déby aux contrôleurs.

Tous les services de la police ont, de fait, été suspendus depuis le 4 février pour les besoins de ce contrôle. Les tâches de la police ont été confiées temporairement aux autres corps (Gendarmerie, Gardes nomades, Police municipale).

Commerçants policiers

En dix jours de travail avec plus d’un millier de policiers contrôlés, des centaines de recrutements ou d’avancements illégaux ont été mis au jour. « Nous avons même découvert qu’il y avait de gens qui émargent pour le compte de la police alors qu’ils sont des commerçants », indique une source au sein de la commission.

Au nombre des recrutements irréguliers, les deux ministres – eux même officiers de haut-rangs – n’auraient pas réussit à justifier leurs grades. « Ils ont été promus sur la base des reversements qui permettent de nommer des civils à un rang d’officier. Mais cette pratique qui a cours dans la police n’a aucun fondement juridique », indique un haut cadre de la police qui a requis l’anonymat.

Manque de professionalisme

Ils ne sont pas les seuls. Des centaines de policiers ont été recrutés de cette façon depuis plusieurs années et n’ont jamais été formés. D’où le manque de professionnalisme reproché à la police.

En dix jours de travail, près de 2 000 policiers ont été passés à la loupe. Il en reste environ 4 000 affectés en province qui doivent désormais remonter sur la capitale pour justifier leur appartenance à la police. « Ça promet en révélations », souffle un bon connaisseur du dossier.

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Par Madjiasra Nako, à N’Djamena

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