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Libye : histoires de violences à Tripoli

Des soldats libyens devant le siège de la télévision Alassema à Tripoli, le 7 mars 2013 © AFP

Un groupe armé a pris d'assaut, le 7 mars, le siège d'une télévision privée proche des libéraux à Tripoli et enlevé le patron de la chaîne et quatre journalistes. Une prise d’otages intervenue deux jours après l’attaque contre la plus haute autorité politique du pays, Mohamed Al-Megaryef, dont la voiture avait essuyé des tirs à la sortie d’une salle de réunion assiégée par des manifestants.

Décidément, la vie à Tripoli est loin d’être un fleuve tranquille. Prise d’otages, attaque contre la principale autorité du pays… La Libye a connu une semaine mouvementée. Dernier incident en date : la Commission des droits de l’Homme à l’Assemblée nationale a annoncé l’attaque par un groupe armé, le 7 mars, du siège d’Alassema TV, une télévision privée proche des libéraux. Le patron de la chaîne, Jomaa Al-Osta, et quatre journalistes ont été enlevés par des « individus inconnus », a indiqué la commission.

Selon Mohamed al-Charkassi, un présentateur qui a été libéré peu après l’incident, les assaillants se présentaient comme d’« anciens rebelles de Tripoli », précisant qu’ils étaient « très remontés contre Alassema TV pour sa ligne éditoriale », réputée proche de la coalition de tendance libérale de Mahmoud Jibril, qui a remporté les élections de juillet 2012 devançant les islamistes. Après avoir été interrogé, « j’ai été libéré à condition que je quitte la capitale », a-t-il raconté sur la chaîne privée Libya al-Ahrar, sans préciser quel était le sort de ses collègues.

L’agence de presse libyenne Lana a également fait état d’un assaut du bâtiment de la chaîne, ayant provoqué « d’énormes dégâts dans les studios ». De son côté, la Commission des droits de l’Homme de l’Assemblée nationale libyenne a condamné ces attaques et « a appelé le ministère de l’Intérieur à assumer totalement sa responsabilité et à intervenir immédiatement pour libérer les prisonniers ».

"Bannissement politique"

Deux jours plus tôt, la voiture du président de la plus haute autorité politique de Libye, Mohamed Al-Megaryef, a essuyé des « tirs nourris » à Tripoli, au moment où il quittait une salle de réunion assiégée par des manifestants qui étaient « armés et certains en possession d’explosifs », a affirmé Achour Chwayel, le ministre de l’Intérieur, précisant que le chef du Congrès général national (CGT) était tout de même sorti indemne de l’attaque.

Les protestataires avaient assiégé, le 5 mars, jusqu’à une heure tardive de la soirée, plus d’une centaine de députés, dont le président du CGN, dans un bâtiment de la banlieue de Tripoli, pour les obliger à voter une loi sur « le bannissement politique » des anciens collaborateurs du régime déchu.

(Avec AFP)

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