Côte d’Ivoire : avec le CCDO, la sécurité d’Abidjan se militarise

Alassane Ouattara inaugure le CCDO au ministère de l'Intérieur, à Abidjan, le 11 mars. © Présidence/CI bou T

Après la police militaire, la Brigade de sécurité de la gendarmerie et les Forces spéciales, la présidence ivoirienne a officiellement créé, le 11 mars a Abidjan, le Centre de coordination des opérations décisionnelles (CCDO), une nouvelle unité d'intervention mixte pour sécuriser Abidjan, la capitale économique ivoirienne.

Les Ivoiriens devront désormais s’habituer à voir dans les rues d’Abidjan (puis de toutes les villes du pays) les impressionnants véhicules tout terrain du Centre de coordination des décisions opérationnelles (CCDO), une force mixte de 750 éléments composée de policiers, de gendarmes et de militaires. Exceptionnellement, lundi 11 mars, le chef de l’État Alassane Ouattara s’est rendu au ministère de l’Intérieur qui abrite le quartier général de cette force pour en lancer les activités. Une cérémonie en grande pompe à laquelle les chefs des missions diplomatiques présentes en Côte d’Ivoire ont assisté.

Tant par sa puissance de feu que par son organisation et son mode opératoire, le CCDO est une unité qui ressemble au redoutable et tristement célèbre Centre des opérations de Sécurité (Cecos), clé de voûte sécuritaire de l’ancien pouvoir de Laurent Gbagbo. Mais les autorités s’attèlent a lever tout équivoque. « L’an dernier, le pays a connu une grande période d’insécurité et d’attaques. Cette force vient répondre aux questions de sécurité. Ce n’est pas la mise en place d’un Cecos bis. Le dispositif sera renforcé », explique Alassane Ouattara lui-même.

Wattao, commandant en second

Pour commander cette force, les autorités ont fait appel au commissaire divisionnaire Youssouf Kouyaté, actuel patron des unités d’intervention de la police, lequel sera secondé par Issiaka Wattara, alias Wattao, l’ancien comzone et commandant en second de la Garde républicaine. Par ailleurs, Abidjan a été scindé en cinq districts de sécurité couverts par un système de puissantes caméras – sauf celui d’Abobo.

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Par Baudelaire Mieu, à Abidjan

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