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Tanzanie : quand l’iPhone se transforme en microscope portable

Par Jeune Afrique

Un iPhone équipé d'une loupe pour en faire un microscope portable. © Isaac Bogoch/AFP

En Tanzanie, dans certaines zones rurales, des médecins font preuve d’inventivité pour lutter contre le fléau des vers intestinaux. En équipant leur iPhone d'une loupe, ils peuvent l'utiliser leur comme microscope portable.

Un simple verre grossissant est placé devant l’objectif de la camera de l’iPhone. Les médecins utilisent ensuite la fonction zoom du téléphone, le transformant ainsi en véritable microscope portable. L’échantillon à traiter est placé entre deux lamelles de verre, éclairé par une lampe et photographié. Coût de l’ensemble du dispositif : 15 dollars. Ce projet a été publié cette semaine dans l’American Journal of Tropical Medicine and Hygiene. L’auteur de l’étude, le Dr Isaac Bogoch, infectiologue à l’hôpital général de Toronto, explique que « c’est la première fois que cette technologie (simple) est utilisée pour diagnostiquer des parasites intestinaux ».

Les vers intestinaux sont un grave problème de santé affectant principalement les enfants. Ces infections, peuvent dans les cas les plus graves, provoquer la mort. Les médecins ont examiné grâce à leur microscope improvisé les échantillons provenant de 199 enfants de l’île de Pemba en Tanzanie. Il a été possible de détecter une infection dans 70% des cas, par la présence d’œufs des parasites.

"Outil de diagnostic"

La précision de l’installation varie selon le type de ver et l’intensité de l’infection. Notamment avec certains vers qui laissent très peu d’œufs. Mais les chercheurs sont optimistes. « Nous pensons que les téléphones portables transformés en microscope pourraient bientôt devenir un outil de diagnostic précieux dans les zones rurales pauvres et isolées où les parasites intestinaux représentent de sérieux problèmes de santé, surtout chez les enfants », selon le Dr Issac Bogoch.

Beaucoup de médecins possèdent un téléphone portable et avec quelques réglages, estime l’infectiologue, la définition de l’appareil pourrait être comparable à celle d’un petit microscope de laboratoire. Contrairement à ce système, dont le coût est faible, un microscope conventionnel coûte environ 200 dollars et ne fonctionne pas avec des piles, ne pouvant alors être utilisé dans des zones sans distribution électrique, indique une porte-parole du projet.

(avec AFP)

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