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Centrafrique : Nicolas Tiangaye présente son gouvernement d’union nationale

Par Jeune Afrique

Le président Michel Djotodia (à g.) et le Premier ministre Nicolas Tiangaye. © AFP

Le Premier ministre centrafricain Nicolas Tiangaye a nommé, dimanche 31 mars, un gouvernement d'union nationale. Selon un décret lu à la radio nationale, il est composé de ministres issus de la rébellion Séléka, de l'ancienne opposition et de la société civile.

Mis à jour à 15h38.

Le nouveau gouvernement centrafricain, formé par Nicolas Tiangaye dimanche, est composé de 34 membres, dont neuf issus de la rébellion Séléka au pouvoir depuis une semaine, huit issus de l’ancienne opposition et un ex-proche de François Bozizé. Le reste du gouvernement est composé de personnes issues de la société civile et de diverses formations politiques.

Parmi les personnalités de la Séléka, se retrouvent aux postes clés le président Michel Djotodia, qui assumera également la charge de ministre de la Défense, Gontran Djono au Pétrole, Nourendine Adam, chef de la rébellion de la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP), à la Sécurité, Mohamed Moussa Dhaffane aux Eaux et forêts, ainsi que Christophe Gazam Betty à la Communication.

Du côté de l’ancienne opposition, le ministère de l’Équipement et porte-parole du gouvernement revient à Crépin Mboli Gonda, celui des Affaires étrangères à l’ancien ambassadeur de Centrafrique aux Nations unies, Charles Armel, et les Postes et télécommunications à l’opposant Henri Pouzère.

Accord respecté

L’ex-rebelle Michel Djotodia, nouvel homme fort de la Centrafrique, a donc reconduit le Premier ministre sortant, lui-même issu de l’opposition, dans ses fonctions. Il avait promis que toutes les tendances de la vie politique seraient représentées dans son nouveau gouvernement, comme le prévoyait l’accord signé en janvier à Libreville entre pouvoir, opposition et rébellion.

Mais dans les rangs du président déchu, parmi ceux qui se sont dits prêt à coopérer, un seul a été retenu : Claude Lenga, qui hérite du poste de ministre délégué à l’Enseignement professionnel et fondamental. Afin de respecter à la lettre l’accord, M. Tiangaye a également nommé Abdoulaye Hissène, un représentant politico-militaire et ancien cadre du CPJP au ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Culture. Celui-ci était peu apprécié de la rébellion qu’il n’a pas soutenue après avoir déposé les armes suite à de précédents accords de paix avec l’ancien régime.

Premières critiques

La plupart, sinon toutes les provinces du pays sont représentées dans le nouveau gouvernement. « Il faut se mettre au plus tôt au travail. La première réunion de cabinet pourrait avoir lieu mardi en attendant un premier conseil des ministres », a déclaré à l’AFP le porte-parole du gouvernement Crépin Mboli Goumba. Mais certaines critiques s’élèvent déjà dans les rangs de l’opposition. « C’est du bidon. On a voulu faire plaisir à trop de gens incompétents. Il a trop de gens au gouvernement pour qu’il puissent travailler », assure un opposant.

Après la prise de contrôle de la majeure partie du pays en décembre par la Séléka, qui s’était retrouvée aux portes de Bangui, et l’accord de Libreville en janvier, la rébellion avait accusé le pouvoir de ne pas respecter celui-ci, avant de prendre la capitale pendant le week-end des 23 et 24 mars. Depuis, le président déchu Bozizé s’est réfugié au Cameroun et a demandé l’asile au Bénin.

Un sommet extraordinaire de la CEEAC consacré à la Centrafrique doit se tenir mercredi 3 avril à N’Djaména. De source proche du Premier ministre, si la venue de M. Tiangaye a été confirmée, celle de Michel Djotodia, dont le coup de force n’a pas encore été reconnu par la communauté internationale, est encore incertaine.

(Avec AFP)
 

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