Tunisie : un mort après des violences entre salafistes et policiers à Hergla

Manifestation de salafistes le 14 septembre 2012 près de l'ambassade américaine à Tunis. © AFP

De violents heurts entre salafistes et policiers ont éclaté jeudi 11 avril devant le commissariat de Hergla, dans l'est de la Tunisie. Les forces de l'ordre ont ouvert le feu, faisant un mort et cinq blessés parmi les islamistes radicaux.

Jeudi, vers 19 heures, plusieurs dizaines de salafistes se massent devant le commissariat de police de Hergla, petite ville côtière du golfe d’Hammamet, à une trentaine de kilomètre au nord de Sousse. Ils sont là pour réclamer la libération de deux de leurs « frères », arrêtés en début d’après-midi par la police locale.

« Il y avait une cinquantaine de jeunes en première ligne, les "vieux" salafistes, eux, étaient derrière, un peu plus en retrait », nous indique un témoin. Rapidement, la situation se tend. Les islamistes radicaux s’approchent dangereusement du commissariat. D’après notre témoin, la situation dégénère lorsqu’un assaillant sort un jerricane pour tenter d’incendier le bâtiment.

Face à eux, les quelques policiers présents font d’abord usage de gaz lacrymogènes. Puis procèdent à des tirs de sommation. Un jeune homme de 23 ans est alors mortellement touché en pleine poitrine. Cinq autres salafistes sont blessés. Ils seront ensuite transportés à l’hôpital Farhat Hached de Sousse. L’enterrement de la victime doit se tenir cet après-midi, après la grande prière, à Hergla, laissant craindre de nouveaux affrontements entre salafistes et forces de l’ordre.

Attaques à répétition

Ces derniers mois, les salafistes tunisiens sont régulièrement impliqués dans des actes de violences contre la polices ou leurs compatriotes. Ils ont par exemple empêché la tenue de concerts, de spectacles ou d’expositions dans différentes localités, affirmant que ces représentations étaient contraires aux principes de l’islam. Ils ont aussi multiplié les agressions contre les vendeurs ou les consommateurs d’alcool dans plusieurs villes du pays, comme à Sidi Bouzid ou plus récemment à Gammarth.

Certains salafistes sont aussi très virulents sur le plan politique. En septembre dernier, plusieurs centaines d’entre eux ont attaqué l’ambassade des États-unis à Tunis lors de manifestations anti-américaines déclenchées par la diffusion du film islamophobe « L’Innocence des Musulmans ». Le ministère de l’Intérieur suspecte aussi certains membres de ce courant d’être derrière le meurtre de l’opposant de gauche Chokri Belaïd, assassiné par balles devant son domicile le 6 février dernier.

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Benjamin Roger