Fermer

Sénégal : le jazz fait ses premiers pas à Dakar

La scène de la Maison de la Culture Douta Seck, mardi 30 avril 2013, à Dakar. © Romain Laurendeau

Le Sénégal s'est joint au concert des nations, mardi 30 avril, en célébrant la Journée internationale du jazz. Les événements organisés au Centre culturel Douta Seck à Dakar semblent jeter les bases d'un festival annuel.

Exposition sur les musiques noires (déjà présentée au Festival mondial des arts nègres, Fesman), grand concert mêlant jazz et musiques traditionnelles, table ronde sur les origines du jazz et ses influences africaines… La Journée internationale du jazz à Dakar a été particulièrement riche à Dakar, mardi 30 avril.

« Il s’agit de la seule commémoration en Afrique de l’Ouest. Nous mettons à l’honneur une interprétation large du jazz. Il est aussi question de rendre hommage à Adama Faye, père de la musique sénégalaise moderne », explique Guiomar Alonso Conda du Bureau dakarois de l’Unesco. Mais l’évènement, soutenu par le Ministère de la Culture, n’a pas attiré les foules : une centaine de curieux pour l’exposition, une trentaine d’initiés pour la table ronde et moins de 400 personnes pour le concert.

Élitisme

Début prometteur, néanmoins ? « Nous voulons être en phase avec les grands évènements qui se déroulent à travers le monde », affirme Mohammed Mahmoud Diop, directeur de cabinet du ministre de la Culture. De fait, l’idée d’un grand festival de jazz annuel à Dakar, à compter de 2014, semble faire son chemin, alors que le festival de jazz de Saint-Louis est sur une phase déclinante, compte tenu d’un manque de moyens criant. « Ce sont des idées qui sont émises et dont il faut étudier les modalités de mise en œuvre », poursuit Mahmoud Diop, qui reste prudent.

Parmi les artistes invités sur la grande scène de Douta Seck, l’orchestre national, Cheikh Tidiane Tall, le groupe Takeifa, le saxophoniste Hervé Meschinet et son trio ou encore le chanteur et guitariste Ali Beta. « Le jazz a besoin d’être promu, popularisé. Il n’y a pas que le sport et le mbalax au Sénégal », confie ce dernier. « Le Festival de Saint-Louis ne suffit pas. Les gens considèrent toujours le jazz comme élitiste. Raison pour laquelle il n’y a pas eu grand monde aujourd’hui », relève-t-il.

Il faut dire qu’à 3 000 francs CFA l’entrée, le grand concert de Dakar ne s’adressait pas au Sénégalais moyen – qui gagne environ 2 000 francs CFA par jour. « Nous sommes dans une phase de construction. Après cette première édition, nous allons réfléchir à une meilleure organisation l’an prochain », répond-on au ministère de la Culture.

________

Par Katia Touré, à Dakar

Déjà 150 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici