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RDC : arrestation de quatre journalistes accusés de « chantage » contre Aubin Minaku

Par Jeune Afrique

Un Congolais manifeste pour la liberté de la presse, en 2012. © AFP

Soupçonnés de "chantage" contre le président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku, les éditeurs des journaux "Le Monde", "Le Réseau", "Le Monitor" et "Le Futur" paraissant à Kinshasa ont été arrêtés mardi 30 avril.  

Mis à jour à 18h31.

Quatre responsables d’organes de presse, Albert Tshibende (Le Monde), Norbert Nkonde (Le Réseau), Pascal Mulunda (Le Monitor) et Jenny Avedila (Le Futur), ont été arrêtés mardi 30 avril, en République démocratique du Congo (RDC), révèle le site de Radio Okapi. Ils sont soupçonnés de « chantage » contre le président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku et ont été inculpés de « tentative d’escroquerie ».

Aubin Minaku assure avoir reçu lundi en audience les quatre journalistes. « Munis de leurs journaux en chantier comportant des titres sulfureux contre le président Minaku », ces derniers auraient alors « demandé au président une somme colossale d’argent pour taire l’information », affirme Mulenga Mwalaba Sam, conseiller principal en charge des questions juridiques du président de l’Assemblée nationale. « Ces journalistes nous ont dit qu’ils sont commandités par certains politiciens de la majorité présidentielle. En ordonnant leur arrestation, le cabinet du président Minaku veut connaître les politiciens qui se cachent derrière ce dossier », a-t-il ajouté.

Présomption d’innocence

« Le premier article qui devait être publié dans le journal Le Réseau, [était titré] : Le président de l’Assemblée nationale pris la main dans le sac. Le deuxième article: Aubin Minaku creuse la tombe de l’Assemblée, journal Point Chaud. Troisième article du journal Le Monde : Le président Minaku le plus médiocre des présidents », a précisé l’intéressé à Radio Okapi.

De son côté, l’ONG congolaise Journalistes en danger (JED) affirme que cette audience a eu lieu mardi et non lundi. « Après un bref échange avec le président de l’Assemblée nationale, les journalistes ont été mis aux arrêts et conduits au quartier général de police judiciaire, communément appelé Casier judiciaire pour y être interrogés », écrit l’ONG.

JED « déplore la rapidité avec laquelle ces journalistes ont été arrêtés et demande que ces personnes puissent bénéficier de leur présomption d’innocence jusqu’à l’aboutissement des enquêtes judiciaires en cours. »
 

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